Quand la quantité fait la différence
Publié le mercredi 07 décembre 2011, 08:24 - Coups de gueule - Lien permanent
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La proposition récente de la Commission européenne de fusionner toutes les 7 initiatives pour les jeunes (EVS, Erasmus, Leonardo da Vinci, Comenius etc.) en un programme commun sous le titre « Erasmus for all » a provoqué une forte opposition de la part des jeunes, des agences nationales du programme « Youth in action » et de tous les acteurs concernés.
A première vue une telle initiative paraît bizarre et déplacée. Le projet de la Commission se présente comme la version perfectionnée et le budget du programme est augmenté. Pour en avoir une vision plus claire, voilà quelques chiffres en guise d’exemple :
Le programme « Erasmus for all », d’une durée de sept ans et doté d’un budget total de 19 milliards d’euros, devrait débuter en 2014. L e programme proposé par la Commission offrirait les possibilités suivantes:
• 2,2 millions d’étudiants de l’enseignement supérieur recevraient une bourse afin d’effectuer une partie de leurs études ou de leur formation à l’étranger (contre 1,5 millions dans le cadre des programmes actuels);
• 1 million d’enseignants, de formateurs et d’animateurs socio-éducatifs obtiendraient des financements à des fins d’enseignement ou de formation à l’étranger (contre 600 000 avec les programmes actuels);
• 700 000 jeunes effectueraient un stage dans une entreprise à l’étranger (contre 600 000 dans le cadre du programme actuel);
• 330 000 étudiants de master bénéficieraient de garanties de prêts qui contribueraient à financer des études à l’étranger dans le cadre d’un mécanisme totalement nouveau;
• 540 000 jeunes pourraient s’engager comme bénévoles à l’étranger ou participer à des échanges de jeunes (contre 374 000 dans le cadre du programme actuel);
• 34 000 étudiants recevraient une bourse en vue d’un «diplôme commun» impliquant d’étudier dans au moins deux établissements d’enseignement supérieur à l’étranger (contre 17 600 boursiers de ce type dans le cadre du programme actuel);
• 115 000 établissements/organisations œuvrant dans l’enseignement, la formation et/ou les activités de jeunesse ou autres organismes similaires recevraient un financement en vue de créer plus de 20 000 «partenariats stratégiques» destinés à mettre en œuvre des initiatives communes et à promouvoir les échanges d’expériences et de savoir-faire;
• 4 000 établissements d’enseignement et entreprises formeraient 400 «alliances de la connaissance» et «alliances sectorielles pour les compétences» afin de stimuler l’employabilité, l’innovation et l’esprit d’entreprise.
(Pour plus d’informations, consultez ce lien)
Rien n’a l’air louche en fait, mais si l’on regarde de plus près, les mots qui se répètent avec une fréquence étonnante sont « enseignement », « étudiants », «établissement », donc tout ce qui a une référence à l’éducation formelle. Et le volontariat, le fameux SVE, service volontaire européen, qui fait partie du programme « Youth in Action », ne l’est pas. C’est une forme formidable de l’éducation justement non-formelle qui permet aux jeunes qui ne sont plus étudiants ou qui ne le sont pas encore, les jeunes en quête de soi, les jeunes défavorisés ou n’ayant pas accès à l’éducation, d’avoir leur première expérience de travail qui les aidera à se définir et à trouver les repères tant nécessaires à leur épanouissement personnel et professionnel.
Bien sûr que personne ne dit que SVE disparaît. Comme vous pouvez le voir, le volontariat est toujours présent dans la proposition de la Commission européenne, mais ce qui est inquiétant, c’est que le programme se conçoit maintenant comme un élément de l’amalgame qui va manquer de flexibilité, d’ouverture et qui va perdre son indépendance. Le Service National de la Jeunesse du Luxembourg se prononce elle aussi contre cette initiative et veut défendre l’autonomie du programme « Youth in Action ». La décision finale est à prendre par le Conseil de l’UE (Conseil des Ministres) et le Parlement Européen peut apporter les amendements à la proposition de la Commission Européenne. Après ces amendements, la Commission Européenne modifiera conformément sa proposition et l’enverra au Parlement pour adoption. Les négociations entre les trois autorités à ce sujet important sont toujours en cours et vous pouvez soutenir l’initiative des jeunes européens qui est aussi encouragée par le Service National de la Jeunesse (SNJ) du Luxembourg en vous inscrivant à la page Facebook et en cliquant sur « J’aime »
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Les jeunes intéressés peuvent aussi directement intervenir auprès de la commissaire responsable et auprès des parlementaires européens luxembourgeois.
Article modifié le jeudi 08 décembre 2011, 15:21





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