Pouvoirs publics et société civile
Publié le mercredi 26 octobre 2011, 15:01 - FIESS Montréal 2011 - Lien permanent
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1300 participants provenant de plus de 60 pays ont participé au FIESS à Montréal. Le Luxembourg était une nouvelle fois représenté par Objectif Plein Emploi et INEES qui étaient invités par les organisateurs.
Ces rencontres ont pris une tonalité particulière avec la concomitance du rassemblement des indignés un peu partout dans le monde qui se trouvaient ici à Montréal à 2 blocs du palais des Congrès où se tenait le FIESS.
Difficile de ne pas faire le lien entre le Forum, avec des délégués qui ont travaillé pendant 3 jours plein sur l’économie sociale et solidaire comme une voie de sortie de crise et ont particulièrement valorisé les politiques publiques en faveur de son développement, et ce mouvement d’occupation de l’espace public.
L’ESS fait l’économie pour 99% des habitants au contraire de l’économie financière qui ne se préoccupe que de l’intérêt des plus riches en captant pourtant une bonne part de financements publics lorsque les affaires vont mal. Ainsi c’est tout le Forum qui s’est déplacé sur le lieu d’occupation pour signifier que des solutions existent pour sortir de ces modèles basés sur la croissance censée apporter le bonheur. Nous ne vivons pas seulement une crise financière, mais aussi une crise de sens, une crise de valeurs et surtout une crise démocratique. Même les représentants des banques de développement internationales, de l’OIT et de l’OCDE, présents au FIESS, ont indiqués qu’ils commencent à prendre au sérieux le mouvement de l’ESS.
Les syndicats ont exprimé, à travers une déclaration officielle, leurs encouragements à ces processus. Mais il y a encore trop peu de politiques publiques nationales en faveur de l’ESS. Et quand il y en a, elles reprennent trop souvent les modèles de soutien au secteur des entreprises classiques. Il peut être certes rassurant de s’appuyer sur de grands organismes publiques qui fait leur preuve et ont pignon sur rue et sur des structures d’accompagnement classiques, mais l’ESS n’est pas un secteur d’entreprises comme les autres. Il exige de prendre en compte sa capacité de transformation sociale, de démocratie locale et de projet politique.
En ce sens il était assez exemplaire de voir la Ministre de l’ESS équatorienne se faire acclamer par les « indignés » lorsqu’elle haranguait la foule en expliquant que l’ESS, inscrit dans la Constitution de son pays, porte le projet politique du socialisme de XXIème siècle.
Les problématiques des peuples autochtones ont également été au cœur de l’agenda tant ils symbolisent, à travers l’exploitation et la négation de leur identité, la barbarie de nos systèmes. Plusieurs défis attendent maintenant l’ESS dans sa capacité à construire une parole politique globale et à « contaminer » tous les débats publics. Des rendez-vous ont été fixés pour se retrouver lors du prochain sommet mondial de Rio +20 en juin 2012 qui sera consacré au développement durable.
L’ESS y sera pour exprimer avec force que le développement d’une économie verte ne sera pas suffisant pour nous sortir de la logique destructrice de la planète. Qui peut croire que les centaines de milliards d’euros investis pour recapitaliser les banques vont nous sortir du marasme ? C’est bel et bien tout nos modèles socioéconomiques qui sont à repenser.
Article paru dans la page du Tageblatt dédiée à l’économie solidaire du mercredi 26.10.201, page 14.
Le dossier FIESS Montreal 2011 |
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| 19/10/2011 | Les indignés à Montréal |
| 20/10/2011 | Vers le socialisme du 21e siècle |
| 21/10/2011 | L’ecosol luxembourgeoise au FIESS |
| 22/10/2011 | Une salade laurentienne |
| 24/10/2011 | La fin du FIESS et un message au G20 |
| 26/10/2011 | Pouvoirs publics et société civile |
| 10/11/2011 | Et pour finir quelques liens… |
Article modifié le jeudi 10 novembre 2011, 16:20





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