Une salade laurentienne
Publié le samedi 22 octobre 2011, 10:00 - FIESS Montréal 2011 - Lien permanent
- Article
- |
- Commentaires(0)
- |
- Fichiers attachés(0)
La première journée du FIESS a été couronnée par un coquetel (comme on dit au Québec) de bienvenue, occasion pour le millier de participants de se décontracter, après cette rude journée de mise en branle du Forum (surtout pour le bénévoles du FIESS, j’imagine), de se retrouver ou encore de faire connaissance. Mais ne perdons pas de vue l’essentiel : cette première journée fut consacrée aux expériences d’économie solidaire des peuples autochtones du Canada, au développement des radios communautaires au Québec et, last but not least, la contribution de l’économie solidaire aux défis que pose le nécessaire changement de paradigme pour arriver enfin à un développement qui soit durable. On a déjà connu moins intéressant comme programme.
Il se sera encore temps d’entrer plus en détail sur le fonds du Forum. En attendant, je profite de ces quelques lignes pour vous livrer quelques impressions sur Montréal. Je poursuis donc ma visite pédestre de la métropole de la belle province. Curieux de découvrir le métro, je m’engouffre donc dans ce que je pense être une bouche de métro. Celle de Victoria Square est une authentique bouche parisienne, avec son fer forgé verdi. Au fond de l’escalier, je tombe sur un large couloir immaculé à la lumière blanche, pas d’usagers en vue. Tout est net, propre, presque aseptisé. Pas de publicité sur les murs. Plus loin, un panneau m’indique que je me trouve dans le plus grand réseau piétonnier intérieur, surnommé la ville souterraine. J’apprendrai plus tard que ce sont ainsi 33 kilomètres de boyaux situés sous la ville et qui permettent au montréalais d’atteindre les points névralgiques de la ville, surtout quand la température flirte avec les -20%. Sous le centre-ville, ces souterrains sont de véritables galeries commerciales. On imagine les gens vacant l’hiver, à l’abri du blizzard, du métro vers leur travail, puis faire les courses sans voir la lumière du jour. Métro-boulot-boyau-dodo en quelque sorte.
Mais pourquoi est-elle donc laurentienne ma salade? D’abord parce que ce texte est une simple compilation d’impressions sans ordre voulu, ensuite parce que Montréal est bordé par le St Laurent. Un sacré fleuve, cela nous change de la Moselle. On y arrive en laissant derrière soi le Vieux Montréal ; on traverse une zone ouverte avant d’apercevoir le port fluvial un peu en amont et un grand pont en acier en aval. Le fleuve est très large, parsemé de quelques îles. On voit nettement à sa surface de puissants courants. Et le long des quais du port, des cargos de haute mer…vous voyez bien qu’on est loin de la Moselle avec ses péniches.
Le Vieux Montréal nous fait prendre conscience que la métropole est née d’une agglomération véritablement modeste et surtout qu’elle est jeune. Quelques maisons arborent des panneaux genre « ici, s’est passé ceci ou cela, avec une date du 17e siècle ». C’est un petit quartier pas vraiment joli, complètement abandonné, aux boutiques de souvenirs et aux restaurants à touristes. Des bâtisses de granit plutôt modestes et sans grand intérêt architectural, d’un style breton-irlandais (mais je ne m’y connais pas très bien). Le quartier fait très « comptoir commercial »; on imagine des colons faisant commerce avec des peaux de castor et de la viande de caribou sur le débarcadère du port… une vraie carte postale… A propos débarcadère, surtout n’y garez pas votre voiture… « zone de débarquement », c’est l’expression utilisée pour les place de stationnement réservés aux livreurs. Les québécois utilisent plein d’expressions très chouettes qui vous obligent à marquer un coup d’arrêt, réfléchir un peu avant de passer votre chemin avec un sourire aux lèvres. Précision à l’attention des amoureux de la langue française, vous l’aurez compris… . Mais quittons le Vieux Montréal, avec sa halle au commerce, son église néo-gothique, passons vite devant la mairie et le palais de justice, des constructions imposantes et moches avec des portiques à hautes colonnes « façon ».
Tous les matins, je traverse Chinatown pour me rendre au FIESS. Quelques rues, en fait un pâté de maisons délimité aux quatre coins par des portiques chinois. Je n’ai pas été en Chine, mais on s’y croirait. Chaque pas de porte est l’entrée d’une échoppe: du bric à braque électronique, des épiceries odorantes, des salons de massage et bien sûr des restaurants. On y mange rapidement, presque sur le pouce. On ne comprend rien à leurs plats et on a intérêt à savoir se servir de baguettes. Je me suis aventuré un soir dans un de ces restaurants… une fondue mongolienne. On s’y serait cru dans un hall de gare (en beaucoup plus petit, tout de même), tant il y avait d’agitation. Entre les serveurs qui prenaient les commandes, ceux qui balayaient par terre et les clients qui allaient dans tous les sens pour récupérer les ingrédients sur des frigos-étals, ce n’est pas le bon endroit pour dîner tranquillement.
Dans le film Pulp Fiction, un des deux gangsters qui a passé un temps à Amsterdam, dit au deuxième une banalité dans le genre « L’Europe c’est pareil que l’Amérique, sauf qu’il y a des différences ». Pour en finir avec les restaurants, chez un italien, le garçon m’a dit que c’était un sans alcool, mais que je pouvais acheter ma bouteille dans le magasin en face. Et les bistrots, de ceux où l’on s’arrête pour prendre un verre et parler un peu si l’ambiance est sympa… très difficile à trouver. Par contre, on trouve à tous les coins de rue des endroits qui ressemblent davantage à des cafétérias. On peut y acheter des sandwichs, du café et du thé… à consommer sur place ou à emporter, s’il vous plaît.
« Don’t poison us! », c’est le message que fait passer la photo de deux adorables bambins… sur les paquets de cigarettes. Faudrait-il encore savoir où se procurer ce poison à enfants. Renseignements pris, il s’avère que la publicité sur le tabac est interdite depuis des années. En fait, des clopes, on en trouve un peu partout. Mais elles sont cachées à côté du tiroir-caisse. Il faut en demander au vendeur qui vous les refilera presque en douce, à un prix exorbitant, l’air de vous vendre un truc que la morale réprouve. Logique au fond… qui donc voudrait empoisonner des enfants? Mais la réprobation, ce n’est que pour les fumeurs, car je vous parle de cigarettes vendues en toute légalité, avec taxes à l’appui.
Pour finir, Montréal me laisse l’impression d’une ville intéressante à découvrir. On se défait vite du sentiment de dépaysement dû aux buildings, les larges avenues se coupant à angle droit et les longues distances à parcourir. Un peu monotone au premier abord peut-être, mais on se dit qu’il y existe nécessairement mille choses à découvrir. Surtout parce que vous croisez des gens de toutes les origines; des européens du nord et du sud, des asiatiques, des latino-américains… Je crois que c’est cet air de melting pot qui me plaît le plus.
Le dossier FIESS Montreal 2011 |
|
| 19/10/2011 | Les indignés à Montréal |
| 20/10/2011 | Vers le socialisme du 21e siècle |
| 21/10/2011 | L’ecosol luxembourgeoise au FIESS |
| 22/10/2011 | Une salade laurentienne |
| 24/10/2011 | La fin du FIESS et un message au G20 |
| 26/10/2011 | Pouvoirs publics et société civile |
| 10/11/2011 | Et pour finir quelques liens… |
Article modifié le jeudi 10 novembre 2011, 16:22





Derniers commentaires