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"Ce mec a des tatouages, j’en déduis qu'il n'est pas très intelligent"

« Non meuh, pour qui tu te prends ! » Quand j’ai entendu ce pro­pos - moi, fer­vente admi­ra­trice de tatoua­ges - j’ai com­pris que les tatoua­ges n’étaient tou­jours pas si “encrés” dans notre société, comme on pou­vait bien le croire !

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Bien que tou­jours plus de per­son­nes se fas­sent « piquer » le nom de leurs nou­veaux-nés, ou de leur bien aimé sous le derme, il n’en reste pas moins un signe mar­qué par des pré­ju­gés.

Reve­nons en arrière ! D’où vien­nent les tatoua­ges et qu’ont-ils signi­fié au cours des 100 der­niè­res années ?

Dans les socié­tés tra­di­tion­nel­les, plus pré­ci­sé­ment en Poly­né­sie, il était (et l’est tou­jours d’ailleurs) con­si­déré comme un signe d’appar­te­nance à une tribu, un groupe. Sou­vent uti­lisé lors de rituels en tant que rite de pas­sage, comme par exem­ple, pour mar­quer le pas­sage de l’âge ado­les­cent à l’âge adulte, pour mar­quer la perte du con­joint, etc. Dans notre société occi­den­tale, il était con­si­déré comme un signe de viri­lité, de vécu, de dure à cuire. Géné­ra­le­ment, ceux qui en « por­taient » étaient des marins, des mili­tai­res, des pri­son­niers, donc à priori une popu­la­tion mar­gi­na­li­sée, con­si­dé­rée comme celle des méchants, des sales, des durs. Les tatoua­ges de l’épo­que, étaient sou­vent faits à l’aide de mor­ceaux de verre ou de cou­teaux, désin­fec­tés à l’alcool pur ou pas désin­fecté du tout. Le sté­réo­type du tatoué était né.

Aujourd’hui, le tatouage est plu­tôt une mise en scène de soi fai­sant par­tie d’un pro­ces­sus de cons­truc­tion per­son­nelle et indi­vi­duelle de son corps. Selon David Le Bre­ton (socio­lo­gue) c’est une sorte de « congé sym­bo­li­que d’un corps perçu comme un brouillon, une reli­que, une matière ina­che­vée à ter­mi­ner par un tra­vail sur soi » On parle d’une sub­cul­ture tou­jours plus recon­nue et en voie de démo­cra­ti­sa­tion si on peut dire ainsi ; les tatoueurs ne sont plus le voi­sin de cel­lule ou encore le marin ayant 20 piges d’expé­rience en mer, mais ce sont des artis­tes. Ils vouent leur vie au des­sin et à la créa­ti­vité, non seu­le­ment sur leur pro­pre corps, mais aussi sur celui de leurs clients, les tatoués (si bêtes soient-ils).

Encore faut-il nuan­cer entre ceux qui se font un petit tatouage pour mar­quer un évé­ne­ment à vie (mariage, nais­sance, décès, réus­site, etc.) et ceux qui uti­li­sent leur corps comme une toile en chair et en os. On dit tou­jours que lorsqu’on a com­mencé on ne veut plus s’arrê­ter. Pour cer­tains ça se con­firme être abso­lu­ment vrai. D’autres pen­sent déjà au laser (très coû­teux). D’ailleurs, je veux sou­li­gner qu’il faut bien réflé­chir avant de faire un tatouage, car, à priori, c’est pour la vie !

Pour en reve­nir à ce fameux pro­pos, on devrait croire que les per­son­nes ayant des tatoua­ges, ont un QI infé­rieur ? Com­paré à qui ? Sui­vant un rai­son­ne­ment logi­que Sta­line, Chur­chill, Roo­se­velt, Ken­nedy et la reine Vic­to­ria n’étaient pas très intel­li­gents eux non plus ?! Vu qu’ils avaient des tatoua­ges …

Bien qu’ils soient deve­nus un phé­no­mène mode à part entière, ils sont loin d’être accep­tés en tant que tel, car tou­jours con­si­dé­rés comme “por­tés” par des gens de classe moyenne, voir classe infé­rieure … En tout cas, cela mon­tre qu’au quo­ti­dien, la tolé­rance n’est tou­jours pas au menu prin­ci­pal ! Il y a encore du pain sur la plan­che !

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50

Auteur: Daniela Dario

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Véronique ·  25 mai 2011, 23:12

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Stig…)

Miss Ginger ·  26 mai 2011, 09:01

Ah oui, sacré Erving, il a fait des recherches plutôt intéressantes concernant la (re)présentation de soi dans la société - à lire aussi “La mise en scène de la vie quotidienne” en 2 volumes

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