"Ce mec a des tatouages, j’en déduis qu'il n'est pas très intelligent"
Publié le mercredi 25 mai 2011, 14:00 - Coups de chapeau - Lien permanent
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« Non meuh, pour qui tu te prends ! » Quand j’ai entendu ce propos - moi, fervente admiratrice de tatouages - j’ai compris que les tatouages n’étaient toujours pas si “encrés” dans notre société, comme on pouvait bien le croire !

Bien que toujours plus de personnes se fassent « piquer » le nom de leurs nouveaux-nés, ou de leur bien aimé sous le derme, il n’en reste pas moins un signe marqué par des préjugés.
Revenons en arrière ! D’où viennent les tatouages et qu’ont-ils signifié au cours des 100 dernières années ?
Dans les sociétés traditionnelles, plus précisément en Polynésie, il était (et l’est toujours d’ailleurs) considéré comme un signe d’appartenance à une tribu, un groupe. Souvent utilisé lors de rituels en tant que rite de passage, comme par exemple, pour marquer le passage de l’âge adolescent à l’âge adulte, pour marquer la perte du conjoint, etc. Dans notre société occidentale, il était considéré comme un signe de virilité, de vécu, de dure à cuire. Généralement, ceux qui en « portaient » étaient des marins, des militaires, des prisonniers, donc à priori une population marginalisée, considérée comme celle des méchants, des sales, des durs. Les tatouages de l’époque, étaient souvent faits à l’aide de morceaux de verre ou de couteaux, désinfectés à l’alcool pur ou pas désinfecté du tout. Le stéréotype du tatoué était né.
Aujourd’hui, le tatouage est plutôt une mise en scène de soi faisant partie d’un processus de construction personnelle et individuelle de son corps. Selon David Le Breton (sociologue) c’est une sorte de « congé symbolique d’un corps perçu comme un brouillon, une relique, une matière inachevée à terminer par un travail sur soi » On parle d’une subculture toujours plus reconnue et en voie de démocratisation si on peut dire ainsi ; les tatoueurs ne sont plus le voisin de cellule ou encore le marin ayant 20 piges d’expérience en mer, mais ce sont des artistes. Ils vouent leur vie au dessin et à la créativité, non seulement sur leur propre corps, mais aussi sur celui de leurs clients, les tatoués (si bêtes soient-ils).
Encore faut-il nuancer entre ceux qui se font un petit tatouage pour marquer un événement à vie (mariage, naissance, décès, réussite, etc.) et ceux qui utilisent leur corps comme une toile en chair et en os. On dit toujours que lorsqu’on a commencé on ne veut plus s’arrêter. Pour certains ça se confirme être absolument vrai. D’autres pensent déjà au laser (très coûteux). D’ailleurs, je veux souligner qu’il faut bien réfléchir avant de faire un tatouage, car, à priori, c’est pour la vie !
Pour en revenir à ce fameux propos, on devrait croire que les personnes ayant des tatouages, ont un QI inférieur ? Comparé à qui ? Suivant un raisonnement logique Staline, Churchill, Roosevelt, Kennedy et la reine Victoria n’étaient pas très intelligents eux non plus ?! Vu qu’ils avaient des tatouages …
Bien qu’ils soient devenus un phénomène mode à part entière, ils sont loin d’être acceptés en tant que tel, car toujours considérés comme “portés” par des gens de classe moyenne, voir classe inférieure … En tout cas, cela montre qu’au quotidien, la tolérance n’est toujours pas au menu principal ! Il y a encore du pain sur la planche !
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50




http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Stig…)
Ah oui, sacré Erving, il a fait des recherches plutôt intéressantes concernant la (re)présentation de soi dans la société - à lire aussi “La mise en scène de la vie quotidienne” en 2 volumes