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Budgets participatifs: le pouvoir au peuple ?

Qui se reven­di­que citoyen, se dit engagé dans la vie de l’Etat ou en tout cas se pro­nonce impli­ci­te­ment pour s’impli­quer dans la vie de l’Etat.

Parmi les plu­sieurs for­mes de par­ti­ci­pa­tion dans la vie citoyenne de la société (oui, croyez-moi, il y en a plu­sieurs), il en existe une, nom­mée bud­gets par­ti­ci­pa­tifs, qui est une forme d’impli­ca­tion des habi­tants dans la ges­tion de la ville, où cha­cun peut pren­dre part à l’éla­bo­ra­tion du bud­get local. Grâce à ce méca­nisme, la popu­la­tion peut déci­der ou con­tri­buer à la déci­sion sur l’attri­bu­tion d’une par­tie ou la tota­lité des res­sour­ces publi­ques dis­po­ni­bles.

Exem­ple, il y a un quar­tier qui désire cons­truire une aire de jeux pour les enfants. Pour ce faire, les habi­tants du quar­tier choi­sis­sent leurs repré­sen­tants lors des réu­nions avec les pou­voirs publics. Après déli­bé­ra­tions, la muni­ci­pa­lité décide d’accep­ter le pro­jet et com­mence à éla­bo­rer le bud­get en con­cer­ta­tion avec les repré­sen­tants. Toute la pro­cé­dure prend à peu près un an et abou­tit à une part de finan­ce­ment par­tiel par la muni­ci­pa­lité. L’exem­ple que je viens de citer est une sim­pli­fi­ca­tion, mais il aide juste à com­pren­dre l’image géné­rale de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive.

Mais à quoi est-ce que cela sert de par­ti­ci­per? Pour être plus engagé? Pour con­tri­buer à la créa­tion de biens com­muns? Pour en savoir plus sur les bud­gets? Pour mieux con­naî­tre ses voi­sins de quar­tier? Oui, pour tou­tes ces rai­sons. Bref, pour être citoyen.

Le con­cept de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive reste encore un vaste chan­tier, cer­tains affir­ment même que par­ti­ci­per n’est pas suf­fi­sant, car la par­ti­ci­pa­tion n’impli­que pas la prise des déci­sions. Mais est-ce si pri­mor­dial de se posi­tion­ner sur le ter­rain déci­sion­nel?

Cer­tains se plai­gnent que le pou­voir réel ne soit jamais à la popu­la­tion et qu’en fin de compte ce sont tou­jours les poli­ti­ques qui sont en posi­tion de tran­cher. La seule alter­na­tive serait donc de devoir pas­ser du côté poli­ti­que? Ou ne serait- il pas aussi envi­sa­gea­ble de res­ter sur le champ de la média­tion et d’appren­dre ainsi à tra­vailler véri­ta­ble­ment ensem­ble afin que les mots «soli­da­rité» et «citoyen­neté» se réap­pro­prient leur sens ori­gi­nel?

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50

Auteur: Valeriia Matvishyna

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