Biodiversité et pétrole: l’exemple du parc Yasuni
Publié le mercredi 18 mai 2011, 14:28 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Dans la série, le monde n’est peut-être pas aussi désespérant que l’on pourrait le croire, j’ai décidé de mettre un coup de projecteur sur l’initiative d’un gouvernement qui, même s’il est aux prises avec une situation économique difficile, n’en oublie pas pour autant que gouverner, c’est prévoir. Direction, l’Amérique du Sud et plus particulièrement l’Équateur.
Comme chacun sait ou comme chacun peut s’en douter, le pays doit son nom à sa situation sur la ligne imaginaire de l’équateur. Bordé par la Colombie au nord et le Pérou au sud, l’Équateur d’un point de vue géographique se résume également par deux ensembles. A l’ouest le Pacifique et à l’est un autre océan, vert celui là, l’Amazonie. Le pays dispose de 3 ressources principales: la culture de la banane, le tourisme et le pétrole. En parlant pétrole justement, des découvertes récentes ont fait état de plus de 850 millions de barils (20% des réserves du pays) dormant dans le sous-sol du parc Yasuni.
Le pactole pour le gouvernement équatorien est estimé à plus de 7 milliards de dollars… . Sauf que ledit parc Yasuni situé à 300 km de Quito et à quelques heures de pirogue se trouve dans la forêt amazonienne, sur le territoire des indiens Waorani. Et dans ce territoire sur un seul hectare, la biodiversité est aussi importante que dans toute l’Amérique du Nord… .
Mais que pèsent quelques fleurs, plantes, animaux contre 7 milliards de dollars. Peanuts? Pas pour le gouvernement équatorien qui a décidé de ne pas toucher à ce gisement d’or noir. Il est vrai que les saloperies de Chevron dans l’exploitation d’autres gisements a permis au gouvernement et à la population de ne plus systématiquement associer pétrole et richesse.
Quoiqu’il en soit, l’Équateur, conscient que la biodiversité de sa forêt est un bien public planétaire et qu’à ce titre elle doit être protégée, ne peut malheureusement pas pour autant en tirer des revenus, alors que le pays manque cruellement de devises. Problème.
Que faire pour résoudre cette équation? Le gouvernement équatorien de Rafael Correa a donc proposé de laisser sous terre le pétrole de Yasuni en contre partie d’une contribution financière des pays industrialisés de 350 millions de dollars pendant 10 ans afin de palier au manque à gagner. Cet argent, placé dans un fonds servira à financer des activités de reforestation, de développement d’énergies alternatives, de soutien aux populations indigènes et d’approfondissement des connaissances scientifiques sur la forêt, tout en espérant développer des filières de biochimie, pharmacie, bio-médecine et ainsi préparer le pays à l’après pétrole.
Plutôt séduisant comme démarche non? Pour ceux qui veulent en savoir plus et soutenir l’initiative… .
Article modifié le mercredi 18 mai 2011, 16:52





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