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Biodiversité et pétrole: l’exemple du parc Yasuni

Dans la série, le monde n’est peut-être pas aussi déses­pé­rant que l’on pour­rait le croire, j’ai décidé de met­tre un coup de pro­jec­teur sur l’ini­tia­tive d’un gou­ver­ne­ment qui, même s’il est aux pri­ses avec une situa­tion éco­no­mi­que dif­fi­cile, n’en oublie pas pour autant que gou­ver­ner, c’est pré­voir. Direc­tion, l’Amé­ri­que du Sud et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’Équa­teur.

Comme cha­cun sait ou comme cha­cun peut s’en dou­ter, le pays doit son nom à sa situa­tion sur la ligne ima­gi­naire de l’équa­teur. Bordé par la Colom­bie au nord et le Pérou au sud, l’Équa­teur d’un point de vue géo­gra­phi­que se résume éga­le­ment par deux ensem­bles. A l’ouest le Paci­fi­que et à l’est un autre océan, vert celui là, l’Ama­zo­nie. Le pays dis­pose de 3 res­sour­ces prin­ci­pa­les: la cul­ture de la banane, le tou­risme et le pétrole. En par­lant pétrole jus­te­ment, des décou­ver­tes récen­tes ont fait état de plus de 850 mil­lions de barils (20% des réser­ves du pays) dor­mant dans le sous-sol du parc Yasuni.

Le pac­tole pour le gou­ver­ne­ment équa­to­rien est estimé à plus de 7 mil­liards de dol­lars… . Sauf que ledit parc Yasuni situé à 300 km de Quito et à quel­ques heu­res de piro­gue se trouve dans la forêt ama­zo­nienne, sur le ter­ri­toire des indiens Wao­rani. Et dans ce ter­ri­toire sur un seul hec­tare, la bio­di­ver­sité est aussi impor­tante que dans toute l’Amé­ri­que du Nord… .

Mais que pèsent quel­ques fleurs, plan­tes, ani­maux con­tre 7 mil­liards de dol­lars. Pea­nuts? Pas pour le gou­ver­ne­ment équa­to­rien qui a décidé de ne pas tou­cher à ce gise­ment d’or noir. Il est vrai que les salo­pe­ries de Che­vron dans l’exploi­ta­tion d’autres gise­ments a per­mis au gou­ver­ne­ment et à la popu­la­tion de ne plus sys­té­ma­ti­que­ment asso­cier pétrole et richesse.

Yasuni National Park Ecuador

Quoiqu’il en soit, l’Équa­teur, cons­cient que la bio­di­ver­sité de sa forêt est un bien public pla­né­taire et qu’à ce titre elle doit être pro­té­gée, ne peut mal­heu­reu­se­ment pas pour autant en tirer des reve­nus, alors que le pays man­que cruel­le­ment de devi­ses. Pro­blème.

Que faire pour résou­dre cette équa­tion? Le gou­ver­ne­ment équa­to­rien de Rafael Cor­rea a donc pro­posé de lais­ser sous terre le pétrole de Yasuni en con­tre par­tie d’une con­tri­bu­tion finan­cière des pays indus­tria­li­sés de 350 mil­lions de dol­lars pen­dant 10 ans afin de palier au man­que à gagner. Cet argent, placé dans un fonds ser­vira à finan­cer des acti­vi­tés de refo­res­ta­tion, de déve­lop­pe­ment d’éner­gies alter­na­ti­ves, de sou­tien aux popu­la­tions indi­gè­nes et d’appro­fon­dis­se­ment des con­nais­san­ces scien­ti­fi­ques sur la forêt, tout en espé­rant déve­lop­per des filiè­res de bio­chi­mie, phar­ma­cie, bio-méde­cine et ainsi pré­pa­rer le pays à l’après pétrole.

Plu­tôt sédui­sant comme démar­che non? Pour ceux qui veu­lent en savoir plus et sou­te­nir l’ini­tia­tive… .

Article modifié le mercredi 18 mai 2011, 16:52

Auteur: Bernard Horschler

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