Pierre Rabhi: la <sobriété heureuse>
Publié le vendredi 13 mai 2011, 10:14 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Certains le surnomment affectueusement le Gandhi Français. Il partage avec le leader Indien, le même goût de l’ascétisme, du dépouillement, le même regard espiègle et la même volonté de vivre en cohérence avec ses idées.
Photo by MEDEF
Vous l’aurez compris Rabhi n’est pas un écologiste de salon et de cocktails. A près de 70 ans, à l’ombre de ses châtaigniers cévenols qu’il fait parfois parler dans certains de ses ouvrages, Pierre Rabhi depuis plus de 40 ans applique d’abord à lui-même ce qu’il professe. Quoique le verbe professer ne convient pas au bonhomme. Non, Pierre Rabhi fait partie de cette race de gens qui revendiquent peu, mais retroussent d’abord et surtout leurs manches.
C’est à la fin des années 1950 à contre-courant des trente glorieuses urbaines, qu’il part à l’abordage des Cévennes, d’un lopin de terre et d’un toit. Le Crédit agricole de l’époque était contre : « On ne veut, pas vous aider à vous suicider. » Seulement voilà : à Paris, il se sentait « naufragé » par le productivisme triomphant et ne supportait plus « la subordination hiérarchique et salariale ». Sans le sou, juste une Mobylette et ses deux bras qu’il loue de ferme en ferme, il entre en résistance agricole « Nous avons vécu treize ans sans électricité avec ma femme Michèle puis nos cinq enfants. Mais nous avions la joie de construire, peu à peu notre liberté. »
Si à l’heure actuelle, le concept de développement durable est prôné et mis en avant pour tout et souvent n’importe quoi, Pierre Rabhi avec sagesse remets l’église au milieu de village et nous rappelle que nous vivons dans un environnement restreint et nous devons organiser nos vies en fonction de cet élément fondamental. Nous possédons un système planétaire sur lequel on applique un modèle basé sur l’illimité. Cherchez l’erreur.
La sobriété heureuse de Rabhi consiste à adopter un rapport modéré à la vie et aux ressources et seulement à partir de ce moment on peut introduire la notion de durabilité. La sobriété heureuse est d’abord un choix conscient, un positionnement personnel. Pierre Rabhi n’est pas un gourou, un donneur de leçons, non juste un homme qui a cultivé son jardin, écrit des livres et développé ce qu’il appelle <l’agroécologie> une agriculture bio, sans étiquettes, sans labels, sans logos. Mais, il y a un point sur lequel Pierre Rabhi est intransigeant: la nécessité pour chaque être humain d’avoir un toit sur sa tête, de l’eau potable, de quoi se nourrir et de quoi être soigné….
Article modifié le vendredi 13 mai 2011, 14:42





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