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Pierre Rabhi: la <sobriété heureuse>

Cer­tains le sur­nom­ment affec­tueu­se­ment le Gandhi Fran­çais. Il par­tage avec le lea­der Indien, le même goût de l’ascé­tisme, du dépouille­ment, le même regard espiè­gle et la même volonté de vivre en cohé­rence avec ses idées.

Pierre_Rabhi.jpg

Photo by MEDEF

Vous l’aurez com­pris Rabhi n’est pas un éco­lo­giste de salon et de cock­tails. A près de 70 ans, à l’ombre de ses châ­tai­gniers céve­nols qu’il fait par­fois par­ler dans cer­tains de ses ouvra­ges, Pierre Rabhi depuis plus de 40 ans appli­que d’abord à lui-même ce qu’il pro­fesse. Quoi­que le verbe pro­fes­ser ne con­vient pas au bon­homme. Non, Pierre Rabhi fait par­tie de cette race de gens qui reven­di­quent peu, mais retrous­sent d’abord et sur­tout leurs man­ches.

C’est à la fin des années 1950 à con­tre-cou­rant des trente glo­rieu­ses urbai­nes, qu’il part à l’abor­dage des Céven­nes, d’un lopin de terre et d’un toit. Le Cré­dit agri­cole de l’épo­que était con­tre : « On ne veut, pas vous aider à vous sui­ci­der. » Seu­le­ment voilà : à Paris, il se sen­tait « nau­fragé » par le pro­duc­ti­visme triom­phant et ne sup­por­tait plus « la subor­di­na­tion hié­rar­chi­que et sala­riale ». Sans le sou, juste une Moby­lette et ses deux bras qu’il loue de ferme en ferme, il entre en résis­tance agri­cole « Nous avons vécu treize ans sans élec­tri­cité avec ma femme Michèle puis nos cinq enfants. Mais nous avions la joie de cons­truire, peu à peu notre liberté. »

Si à l’heure actuelle, le con­cept de déve­lop­pe­ment dura­ble est prôné et mis en avant pour tout et sou­vent n’importe quoi, Pierre Rabhi avec sagesse remets l’église au milieu de vil­lage et nous rap­pelle que nous vivons dans un envi­ron­ne­ment res­treint et nous devons orga­ni­ser nos vies en fonc­tion de cet élé­ment fon­da­men­tal. Nous pos­sé­dons un sys­tème pla­né­taire sur lequel on appli­que un modèle basé sur l’illi­mité. Cher­chez l’erreur.

La sobriété heu­reuse de Rabhi con­siste à adop­ter un rap­port modéré à la vie et aux res­sour­ces et seu­le­ment à par­tir de ce moment on peut intro­duire la notion de dura­bi­lité. La sobriété heu­reuse est d’abord un choix cons­cient, un posi­tion­ne­ment per­son­nel. Pierre Rabhi n’est pas un gou­rou, un don­neur de leçons, non juste un homme qui a cul­tivé son jar­din, écrit des livres et déve­loppé ce qu’il appelle <l’agroé­co­lo­gie> une agri­cul­ture bio, sans éti­quet­tes, sans labels, sans logos. Mais, il y a un point sur lequel Pierre Rabhi est intran­si­geant: la néces­sité pour cha­que être humain d’avoir un toit sur sa tête, de l’eau pota­ble, de quoi se nour­rir et de quoi être soi­gné….

Article modifié le vendredi 13 mai 2011, 14:42

Auteur: Bernard Horschler

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