Fête du travail ?!
Publié le vendredi 06 mai 2011, 10:27 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Comme tous les ans, nous allons fêter le travail. Si à l’origine, ce jour chômé du 1er mai était censé commémorer les luttes ouvrières des générations précédentes, force est de constater que cette fête du travail est maintenant une drôle de commémoration. Car le travail de nos jours est surtout devenu synonyme de souffrance. Souffrance pour ceux qui en sont exclus et malheureusement de plus en plus souvent souffrance pour ceux qui en ont un. J’en veux pour preuve le énième suicide, ces derniers jours d’un salarié de France Télécom qui s’est immolé par le feu sur le parking de son entreprise.
Travail égal souffrance?
Pourtant un contrat de travail est un contrat entre une personne physique et une personne morale par laquelle l’un, contre une somme d’argent met au service de l’autre ses compétences dans un domaine particulier. La chose semble claire et précise.
Comment peut-on arriver à de telles extrémités alors que ce contrat est accepté en toute connaissance de cause par les deux parties ? Mais crise économique oblige, quand la compétition se durcit, il faut faire adopter aux salariés des comportements durs. Fini les amabilités, place aux indicateurs de performances, aux reportings dont le but est de bien <coincer> le salarié dans un comportement qui ne dépend plus de lui, mais de règles, de process qu’il doit appliquer aveuglément. Les résultats de son action sont alors contrôlés, vérifiés, quantifiés avec une telle voracité que l’on finit bien souvent par ne plus rien appréhender.
Vieux rêve taylorien? Bien sûr. Rien de bien nouveau. C’est même particulièrement ringard. Souvenez vous de la pensée taylorienne (ou même fordienne), que professe- t-elle? Que tout est prévisible, pourvu que l’on respecte les bonnes règles, scientifiques évidemment.
Mais au lieu de produire de la clarté et de la possibilité de manœuvrer, ce taylorisme ressuscité n’entraine que confusion et pertes de contrôle. Les plus malins, les plus opportunistes s’en sortent. Mais les plus faibles? Ils subissent en silence, stressés par la peur de ne pas y arriver, ils encaissent, ils intériorisent leur incapacité à fonctionner dans un environnement qui a bien des égards se situe entre Kafka et Ubu roi.
Mais heureusement les entreprises et les managers intelligents (ça existe?) ont depuis longtemps compris que dans un monde ouvert, la qualité de la relation en interne comme en externe est un atout majeur pour l’entreprise. Mais ces compétences ne s’apprennent pas dans une formation de quelques jours, c’est beaucoup plus subtil. Identifier les émotions, les transformer en techniques créatives dans le cadre de la résolution de conflit ou maîtriser les techniques de communication comme l’écoute active, la reformulation, la médiation ne sont pas non plus transférable à tout à chacun.
Alors, en ce jour de 1er mai, je vais donc tout en cueillant du muguet, rêver à ma future rencontre avec une espèce pour moi inconnue: celle du manager intelligent.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50




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