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Fête du travail ?!

Comme tous les ans, nous allons fêter le tra­vail. Si à l’ori­gine, ce jour chômé du 1er mai était censé com­mé­mo­rer les lut­tes ouvriè­res des géné­ra­tions pré­cé­den­tes, force est de cons­ta­ter que cette fête du tra­vail est main­te­nant une drôle de com­mé­mo­ra­tion. Car le tra­vail de nos jours est sur­tout devenu syno­nyme de souf­france. Souf­france pour ceux qui en sont exclus et mal­heu­reu­se­ment de plus en plus sou­vent souf­france pour ceux qui en ont un. J’en veux pour preuve le énième sui­cide, ces der­niers jours d’un sala­rié de France Télé­com qui s’est immolé par le feu sur le par­king de son entre­prise.

Tra­vail égal souf­france?

travailler_tue.jpg Pour­tant un con­trat de tra­vail est un con­trat entre une per­sonne phy­si­que et une per­sonne morale par laquelle l’un, con­tre une somme d’argent met au ser­vice de l’autre ses com­pé­ten­ces dans un domaine par­ti­cu­lier. La chose sem­ble claire et pré­cise.

Com­ment peut-on arri­ver à de tel­les extré­mi­tés alors que ce con­trat est accepté en toute con­nais­sance de cause par les deux par­ties ? Mais crise éco­no­mi­que oblige, quand la com­pé­ti­tion se dur­cit, il faut faire adop­ter aux sala­riés des com­por­te­ments durs. Fini les ama­bi­li­tés, place aux indi­ca­teurs de per­for­man­ces, aux repor­tings dont le but est de bien <coin­cer> le sala­rié dans un com­por­te­ment qui ne dépend plus de lui, mais de règles, de pro­cess qu’il doit appli­quer aveu­glé­ment. Les résul­tats de son action sont alors con­trô­lés, véri­fiés, quan­ti­fiés avec une telle vora­cité que l’on finit bien sou­vent par ne plus rien appré­hen­der.

Vieux rêve tay­lo­rien? Bien sûr. Rien de bien nou­veau. C’est même par­ti­cu­liè­re­ment rin­gard. Sou­ve­nez vous de la pen­sée tay­lo­rienne (ou même for­dienne), que pro­fesse- t-elle? Que tout est pré­vi­si­ble, pourvu que l’on res­pecte les bon­nes règles, scien­ti­fi­ques évi­dem­ment.

Mais au lieu de pro­duire de la clarté et de la pos­si­bi­lité de manœu­vrer, ce tay­lo­risme res­sus­cité n’entraine que con­fu­sion et per­tes de con­trôle. Les plus malins, les plus oppor­tu­nis­tes s’en sor­tent. Mais les plus fai­bles? Ils subis­sent en silence, stres­sés par la peur de ne pas y arri­ver, ils encais­sent, ils inté­rio­ri­sent leur inca­pa­cité à fonc­tion­ner dans un envi­ron­ne­ment qui a bien des égards se situe entre Kafka et Ubu roi.

Mais heu­reu­se­ment les entre­pri­ses et les mana­gers intel­li­gents (ça existe?) ont depuis long­temps com­pris que dans un monde ouvert, la qua­lité de la rela­tion en interne comme en externe est un atout majeur pour l’entre­prise. Mais ces com­pé­ten­ces ne s’appren­nent pas dans une for­ma­tion de quel­ques jours, c’est beau­coup plus sub­til. Iden­ti­fier les émo­tions, les trans­for­mer en tech­ni­ques créa­ti­ves dans le cadre de la réso­lu­tion de con­flit ou maî­tri­ser les tech­ni­ques de com­mu­ni­ca­tion comme l’écoute active, la refor­mu­la­tion, la média­tion ne sont pas non plus trans­fé­ra­ble à tout à cha­cun.

Alors, en ce jour de 1er mai, je vais donc tout en cueillant du muguet, rêver à ma future ren­con­tre avec une espèce pour moi incon­nue: celle du mana­ger intel­li­gent.

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50

Auteur: Bernard Horschler

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