Voyage en Ukraine
Publié le mercredi 04 mai 2011, 08:36 - Coups de chapeau - Lien permanent
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“L’Ukraine? C’est où ça?” - “A côté de la Russie” - “Ah oui, bien sûr”
C’est presque toujours le même dialogue qui se déroule quand quelqu’un me demande d’où je viens. Non que cela me pique au vif, mais je ressens un petit malaise.
Pourtant c’est un grand pays, mon Ukraine. C’est le plus grand pays de l’Europe et quand même ce n’est pas la plus grande place qu’il occupe dans la tête des gens. C’est un pays très jeune dont l’enfance et l’adolescence étaient bien dures, sans parents attentionnés et avec trop de jouets. L’âge de majorité passé, il faut commencer à être sérieux.
Alors faisons un petit répertoire: il y a du blé, du Tchernobyl, de la révolution orange, du charme féminin, de la corruption, de la crise, de la nature, de l’alcool, de la neige, de la Russie et s’il y a à ajouter, vous pouvez continuer la liste. Un joli cocktail de stéréotypes. Non, toute chose mentionnée est bien vraie mais cela ne couvre pas le tout. C’est toujours bien plus difficile que cela peut paraître et si vous l’admettez, il est grand temps de faire un petit voyage au pays que vous ne connaissez pas encore.
Je vais vous faire visiter ma ville, elle s’appelle Kharkov. C’est la deuxième grande ville du pays qui compte à peu près 1 million d’habitants. C’est une ville d’étudiants et des jeunes, c’est un centre industriel et scientifique. C’est la ville où il est rare d’entendre quelqu’un parler ukrainien, c’est plutôt le russe qu’on utilise comme historiquement la partie orientale appartenait à la Russie à l’époque. C’est la ville de parcs et de forêts, où le moderne avoisine le soviétique et où au centre-ville le doigt de Lénine toujours pointe le chemin à prendre.
Au clocher de la cathédrale Ouspensky qui appartient au patrimoine culturel national, on peut écouter la musique d’orgue et en descendant prendre l’escalier pour traverser le pont et se trouver en face du cinéma le plus ancien de l’Empire russe “Bommer”.
On peut se perdre dans les rues désertes pour découvrir les maisons abandonnées en compagnie des chats et des chiens errants. On peut prendre la rue Soumskaya qui est la plus ancienne pour écouter le bruit de la ville et entendre les poètes et les écrivains du siècle passé trinquer les verres dans un bar à côté. Prendre la descente Boursatskiy où jadis se trouvait le séminaire et gagner le marché aux livres où l’air est différent et la poussière est d’une dignité sans nom. Continuer jusqu’à la “Cascade”, parc avec une fontaine où souvent sont les jeunes qui sèchent leurs cours, se préparent aux examens, s’embrassent ou jouent de la guitare.
Traverser le parc pour visiter le théâtre d’opéra et en accompagnement voir les nouveaux mariés prendre les photos près de la fontaine la plus célèbre de la ville et danser sous la musique d’accordéon au dessous des arbres qui abritent les oiseaux ou parfois… les chaussures.
Prendre un café dans une cafétéria avec un drôle de nom “Chez un boulanger gai” et fixer un rendez-vous à la station “Sovietskaya” sous un thermomètre gigantesque qui est un lieu de rencontre à tel point que c’est devenu une expression figée: “se voir sous le thermomètre”. Passer dans un restau ukrainien pour goûter au bortsch, soupe aux tomates et betteraves assaisonnée de la crème fraîche, et aux varenikys, morceaux de pâte farcis de pommes de terre, de fromage blanc ou de fruits. Et à la fin prendre un télésiège pour traverser la ville verdoyante à l’encontre d’un coucher de soleil.
Le voyage imaginaire fini, les souvenirs affluent et me font plonger dans une sorte de mélancolie douce. Mais si ce n’est même que pour un instant que vous avez eu envie de vous rendre en Ukraine, l’effort a bien valu la peine.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50





Très sympa, ça change de l’image que j’en avais!
Très bel article, je trépigne d’impatience de visiter ton pays!
Ca donne vraiment envie de partir pour un weekend prolongé :)
c’est magnifiquement écrit. <la poussière est d’une dignité sans nom>
Bon, rendez-vous sous le thermomètre…ou chez un boulanger gai?
Merci pour cette voyage a Ukanie
merci à tous!:)
Cet article me fait vraiment vibrer,… Tous à l’Est !