Mondragon : une autre manière de travailler.
Publié le lundi 18 avril 2011, 16:05 - Coups de chapeau - Lien permanent
- Article
- |
- Commentaires(0)
- |
- Fichiers attachés(0)
1941. José María Arizmendiarrieta, vicaire de son état , est nommé dans la localité de Mondragon , une ville de la province du Guipúzcoa dans la Communauté autonome du Pays basque . Nous sommes en plein franquisme, la ville a terriblement souffert de la guerre d’Espagne. Mais notre jeune vicaire rêve d’un autre monde. Il décide donc de s’occuper du développement économique. Développement économique devant être basé sur des idées de mutualisme, de coopérative, de démocratie, de partage des richesses et de développement local; le tout reposant sur une forte identité basque .
1943. Notre vicaire crée une école de formation professionnelle , gérée démocratiquement évidemment.
1955. Cinq jeunes diplômés de l’école créent la première entreprise coopérative nommée ULGOR, qui deviendra FAGOR. Dans ces années là, la production se limite aux poêles à pétrole et aux cocotes en fonte. Rien de bien extraordinaire, sauf que notre petit vicaire et nos cinq lascars ont de la suite dans les idées.
1958. Le statut des employés embête l’Etat qui décide de les exclure du système de sécurité sociale (carrément). En réponse, les salariés mettent en place un fonds de protection sociale, aujourd’hui nommé Lagun-Aro. Dans le même esprit, est créé en 1959 un organisme de crédit destiné à soutenir les coopératives du groupe : Caja Laboral Popular. Progressivement le groupe s’étoffe. Aux coopératives de base (Ulgor, Arrasate/Fagor) s’en ajoutent de nouvelles : Copreci, Ederlan, Lana en 1962, Eroski (fusion de 5 coopératives de consommateurs) en 1970, etc. A cette date, le groupe compte 9 000 salariés et 100 000 épargnants pour Caja Laboral. Le groupe s’organise donc autour de 3 branches : industrie (métallurgie, fabrication de machines et d’outils, électroménager, etc.), finance et commerce (Eroski). Il possède des centres de recherche (un pôle d’innovation) et une université privée (5000 étudiants). Mondragon en 50 ans est devenue un véritable phénomène implanté dans une quinzaine de pays.
Selon les données du groupe, il emploie 82 000 salariés (2006) avec un chiffre d’affaires de près de 12 milliards d’€ (en 2005); ce qui en fait le 7ème groupe industriel Espagnol et le premier employeur Basque. Bien sûr, certains feront remarquer que les valeurs du début ont été quelque peu écornées (délocalisation en Chine, 1/3 des salariés ne sont pas salariés associés, l’éventail des salaires est de plus en plus élargi).
Mais Mondragon prouve néanmoins qu’il existe d’autres façons d’entreprendre. On peut entreprendre et se développer sans faire appel à la bourse ; on peut entreprendre et se développer tout en pratiquant la démocratie comme dans une cité grecque et on peut entreprendre et se développer en faisant le pari de l’humain. A méditer.
Article modifié le lundi 18 avril 2011, 16:34




Derniers commentaires