Commerce équitable : questions/réponses
Publié le mercredi 23 février 2011, 12:00 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Le commerce, c’est simple. Acheter le moins cher possible et revendre le plus cher possible, tel est le théorème de base. Vous l’aurez compris, les dindons de la farce se trouvent aux deux extrémités. Le commerce équitable a donc pour vocation première de rapprocher les deux extrémités, et ce faisant, assurer aux producteurs des revenus décents et un produit de meilleure qualité pour le consommateur ; le tout, dans une démarche de développement durable.
Le commerce équitable essaie à démontrer qu’un autre commerce est possible, basé sur le dialogue, le respect et la transparence. Ce qui représente une véritable rupture avec les échanges économiques traditionnels, qui eux, sont basés sur les rapports de force, faut il le rappeler. Voilà pour l’état des lieux.
Ceci dit, le commerce équitable suscite des questions et des interrogations.
La première d’entre elles concerne le manque de garanties. En effet, à l’heure actuelle, il existe une tendance à la prolifération de labels qui peut participer à la confusion des consommateurs, d’autant que les marchands du temple se sont lancés dans un marketing effréné participant ainsi à brouiller les cartes.
La deuxième grande interrogation concerne les prix. Ces produits seraient plus chers. Si, il y a quelques années, les produits du commerce équitable représentaient effectivement un vrai surcoût, l’on trouve maintenant aisément des produits à tous les prix, sans que ceux-ci soient particulièrement plus onéreux.
Une autre interrogation de ce commerce serait, qu’il ne favoriserait que les échanges Sud (producteurs) / Nord (consommateurs) sans se soucier de la disponibilité à proximité de certains produits, ni des inconvénients liés aux transports lors d’échanges internationaux. Effectivement, privilégier les produits issus du Commerce Equitable ne se justifie pas pour des aliments ou objets que nous pourrions trouver chez un producteur de notre région.
Par contre, pour tout ce qui ne peut être produit localement près de chez nous, ce qui est le cas du chocolat, du thé, du café… la question ne se pose pas vraiment si nous voulons favoriser des produits de qualité, sains, qui ont une histoire bien au-delà de leur consommation.
Enfin, le commerce équitable concernerait essentiellement des produits d’exportation des pays du Sud, vers les pays du Nord, n’ayant aucun effet sur les prix des productions vivrières des pays du Sud, eux-mêmes subissant le dumping des pays du Nord (céréales, viandes, produits laitiers). Le problème existe, c’est un fait. Mais il est avant tout politique. La mise en place de circuits Sud/Sud, pour ces productions vivrières peut effectivement aider à solutionner le problème, mais elle implique la reconnaissance de la souveraineté alimentaire, donc le droit pour ces pays, de protéger leur marché intérieur en soutenant les prix des producteurs.
L’OMC, n’est pas vraiment dans ce type de logique…
Quoiqu’il en soit, si des questions, interrogations existent concernant le commerce équitable, n’oublions pas l’essentiel. Pour les producteurs concernés, ce type de relation commerciale a littéralement changé leur vie.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50




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