La vida loca
Publié le mercredi 09 février 2011, 10:27 - Monde - Lien permanent
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6 septembre 2006, dans la ville d’Uruapan (Michoacán Estado), dans une taverne dénommée « Sol y Sombra », 15 individus masqués, tout de noir vêtus jetèrent un sac au milieu de la salle. Deux des visiteurs ouvrirent le sac, et tapissèrent le sol des 5 têtes humaines qu’il contenait. Les «visiteurs», sans un mot et en parfaite synchronisation, chargèrent ensuite leurs AK47 (kalachnikov), version 75 cartouches et arrosèrent le lieu des 1125 balles contenues dans les guns….. Une fois le silence revenu, la fumée dissipée, les 15 hommes, toujours sans un mot et toujours en parfaite synchronisation, s’éloignèrent nonchalamment.
Régulièrement ce genre de faits divers fait irruption dans nos médias, sans que l’on ne sache véritablement que ces éléments ne sont pas isolés, sans que l’on ne sache qu’ils ne sont que les balafres d’une véritable guerre qui, aux portes des USA, depuis plus de 5 ans oppose l’armée mexicaine aux cartels de la drogue.
Si de tout temps, la culture de la drogue a toujours eu lieu dans le nord du Mexique, (peyotls, marijuana) et ce pour des raisons religieuses ; historiquement les cartels mexicains se cantonnaient au rôle de passeur des cartels colombiens (Medellin, Cali).
Sauf que, trois événements vont bouleverser ce bel ordonnancement.
1993, Pablo Escobar le parrain colombien est tué par la police. Son organisation, sans chef est rapidement absorbée par le cartel de Cali. Mais, le cartel de Cali, plus proche des pouvoirs économiques n’arrive pas à agglomérer les restes de l’armée d’Escobar. De son côté les autorités colombiennes financées, encadrées par la DEA éradique en 2 ans le cartel de Cali. Ne disposant plus de <fournisseurs> fiables, les cartels mexicains entreprennent donc de se développer, en se lançant dans la production.
2001. les tours jumelles. Les USA bouclent les frontières. Un marché plus difficilement accessible et un produit plus rare contribuent à une concurrence exacerbée entre les cartels qui contrôlent les 3500 km de frontières avec les states. Pour des narcos, concurrence égale guerre. Il n’y a pas que pour eux, mais c’est une autre histoire.
2006. Felipe Calderon, président prohibitionniste après 50 ans de dictature, et enfin démocratiquement élu, décide de déclarer la guerre aux cartels afin de restaurer l’autorité de l’état. Il envoie une armée de plus de 40 000 hommes éradiquer le fléau. Les cartels disposant quant à eux de plus de 100 000 hommes en armes dont une partie d’ex- militaires du Guatemala….. Mais l’intervention de l’armée n’a qu’une conséquence. Une incroyable radicalisation de la violence. Entre 2006 et 2010, plus de 30 000 morts. Près de 12 000 pour 2010. Par comparaison, les pertes de la coalition en Irak s’élèvent à 3000 hommes….Mais, cette violence au-delà des chiffres, se caractérise surtout par une sauvagerie et une cruauté inouïe. Les décapitations, les pendaisons, les démembrassions sont devenues le mode opératoire. Le vieux code d’honneur du bandit mexicain (pas la famille) a complètement disparu.
Et au milieu de cette barbarie du quotidien, la population mexicaine, tant bien que mal survit. Elle survit à des attaques au bazooka en pleine journée, à des règlements de compte près des écoles qui laissent plusieurs dizaines de corps. Elle survit à des attaques de prison au lance roquettes, elle survit à la vue de cadavres pendus aux feux rouges, elle survit à une barbarie absolue, d’un autre temps, d’un autre âge. Mais elle survit surtout à une situation où aucune alternative de retour à la paix ne se profile. Oubliée de tous, sauf des producteurs d’Hollywood qui maintenant esthétisent cette guerre…. Ci-joint le lien vers un blog ou deux jeunes mexicains ont décidé de livrer au monde, l’atrocité de leur quotidien et ainsi briser la loi du silence. Attention, les photos sont pour certaines difficilement soutenables. Le site est en espagnol. Personnes sensibles s’abstenir. http://www.blogdelnarco.com
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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