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La chambre des (pauvres filles) ?

Depuis le 20/01/2010 dépôt du pro­jet de loi por­tant modi­fi­ca­tion de l’arti­cle 353 du Code pénal, con­cer­nant l’inter­rup­tion volon­taire de gros­sesse le pays vient de faire un incroya­ble ‘Return to the past ‘. En effet, la dépu­tée Lydie Err avec son pro­jet de loi, ne fait que con­fir­mer l’incroya­ble pré­sence, pré­gnance de cette idéo­lo­gie catho­li­que archaï­que, toute droit sor­tie de la lie des béni­tiers.

Que ce pro­jet de loi, ne recon­naisse tou­jours pas le libre choix pour tou­tes les fem­mes de dis­po­ser de leur corps est déjà abso­lu­ment inouï en 2011, mais en plus on nous sort cette fameuse et sur­tout fumeuse notion de ‘ détresse sociale ‘.

Selon la revue L’Obser­va­toire (revue d’action sociale et médico-sociale belge), la détresse sociale est carac­té­ri­sée par ce type de symp­tô­mes : alcoo­lisme, soli­tude, délin­quance, sui­cide… Le droit à l’avor­te­ment serait donc réservé à des pau­vres filles qui se seraient fait engros­ser par mégarde ? Ou peut être par opé­ra­tion du Saint-Esprit ? Cela ne vous rap­pelle rien ? Cher­chez bien ; la pau­vre fille et le bon pau­vre, cela ne vous dit rien ? Bien sûr que oui. Vous savez celui que l’on trouve sur les gra­vu­res ancien­nes ; le bon men­diant, le bon loque­teux qui, sébile à la main se fait rin­cer par le bour­geois. Mais on parle du bon pau­vre, de celui qui n’a pas eu de chance, de celui qui courbe l’échine en silence. Pas celui qui rote et pète à la sor­tie de l’église. Non. Le fruit d’un jour sans du créa­teur, quoi.

Cette notion de détresse sociale sent et pue la naph­ta­line chré­tienne ; elle dégage des efflu­ves d’encens, de robe de bure, mais suinte et dégou­line sur­tout d’obs­cu­ran­tisme. Cer­tains (es) en sont tou­jours là.

Soyons sérieux, mes­da­mes, mes­sieurs, regar­dez les sta­tis­ti­ques, fai­tes des son­da­ges, infor­mez vous quoi, les fem­mes qui ont recours à l’inter­rup­tion de gros­sesse, dans leur immense majo­rité sont vos sœurs, vos cou­si­nes, vos voi­si­nes, vos col­lè­gues de bureau, loin très loin de vos fan­tas­mes et repré­sen­ta­tions hors d’âge.

De grâce, reve­nez parmi nous, nous som­mes en 2011. Dans la voi­ture à remon­ter le temps du <doc>, ne vous trom­pez plus cette fois, met­tez le cur­seur sur 21ème siè­cle après Jésus Christ.

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49

Auteur: Bernard Horschler

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