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Where the f*** is Laesoe?

Eh bien je l’ai su à la suite d’un long péri­ple qui fera peut-être le sujet d’un autre billet…plus ludi­que.

Mais là on est dans du sérieux. Du 22 au 24 sep­tem­bre der­nier s’est tenue à Lae­soe (DK) la “12ième Con­fé­rence Bien­nale du Con­sor­tium pour le Déve­lop­pe­ment Social” (ICSD-Inter­na­tio­nal Con­sor­tium for Social Deve­lop­ment).

Le sujet: ” Les droits de l’Homme et le déve­lop­pe­ment social – un che­min vers la dura­bi­lité”.

drapeau.jpg

La con­fé­rence avait comme but de dis­cu­ter de nou­vel­les stra­té­gies pour encou­ra­ger la pro­mo­tion des droits de l’Homme et du déve­lop­pe­ment social et dura­ble. La ques­tion qui se posait était de savoir si les droits de l’Homme pou­vaient don­ner de nou­veaux che­mins pour com­pren­dre la trans­for­ma­tion socié­tale et four­nir les moyens pour envi­sa­ger un déve­lop­pe­ment plus dura­ble. La con­fé­rence a été orga­ni­sée par la bran­che euro­péenne de l’ICSD, dont le siège est à Schif­flange (L) et était divi­sée en trois work­shops:

1) Dis­pa­ri­tés, iné­ga­li­tés et migra­tions régio­na­les

2) Nou­vel­les appro­ches de l’édu­ca­tion au déve­lop­pe­ment dura­ble

3) Eco­no­mie sociale et déve­lop­pe­ment local

Les trois work­shops, ainsi que les dis­cus­sions entre par­ti­ci­pants, avaient comme but d’explo­rer par quels moyens les valeurs socia­les et mora­les pou­vaient livrer de nou­veaux stan­dards pour le déve­lop­pe­ment socié­tal.

Con­crè­te­ment: Les deux jour­nées dédiées exclu­si­ve­ment aux work­shops, qui étaient plus des expo­sés sui­vis de “ques­tions-répon­ses”, étaient con­sa­crées à des thé­ma­ti­ques très diver­ses tel­les que: “La crise sécu­ri­taire en Inde: le champ ardent d’un zone de con­flit”, “Les droits de l’Homme comme ins­tru­ment de l’édu­ca­tion per­son­nelle. La con­tri­bu­tion de la théo­lo­gie” (…sans com­men­taire), “La pau­vreté infan­tile en Alle­ma­gne”, pas­sons, des sujets cer­tes très impor­tants, très axés sur le “social”. La deuxième jour­née fût plus riche pour les per­son­nes inté­res­sées par une éco­no­mie soli­daire, en pro­ve­nance et au béné­fice de la société civile.

vue avec vélo.jpg On avait entre autres le loi­sir de pou­voir écou­ter le Prof. Dr. Susanne Elsen pro­mou­voir l’éco­no­mie com­mu­nau­taire comme modèle sou­te­na­ble pour la société, Romain Bie­ver, Admi­nis­tra­teur délé­gué du réseau Objec­tif Plein Emploi, pré­sen­ter l’éco­no­mie soli­daire comme réponse aux ques­tions d’une nou­velle gou­ver­nance, Prof. Mag. Dr. Arno Heim­gart­ner faire une ana­lyse d’un pos­si­ble fossé de la par­ti­ci­pa­tion civile en Autri­che et, avant tout, enten­dre un exposé qui pour­rait venir pres­que de notre bou­che (luxem­bour­geoise). Là voici. Pour les plus pres­sés, résu­mons: La pré­sen­ta­tion était tenue par deux char­man­tes slo­vè­nes, Lil­jana Rhi­ter, Ph.D. et Romana Zidar, MA de l’Uni­ver­sité de Lju­bl­jana, Faculté du tra­vail social. En Slo­vé­nie, comme au Luxem­bourg (l’Espa­gne vient de fran­chir le pas récem­ment), il n’existe pas de légis­la­tion pro­pre à l’éco­no­mie sociale et soli­daire (ESS). Comme au Luxem­bourg, les entre­pri­ses de l’ESS se situent dans le sec­teur non lucra­tif et “béné­fi­cient” d’une légis­la­tion indi­recte sur l’emploi, le réta­blis­se­ment du plein emploi et la sti­mu­la­tion de l’emploi pour des per­son­nes dites “défa­vo­ri­sées”. Et, à l’ins­tar du Luxem­bourg, en Slo­vé­nie, les entre­pri­ses de l’ESS sont con­si­dé­rées comme des “entre­pri­ses d’inser­tion” pour les fran­ges “fra­gi­li­sées” de la popu­la­tion. Le point de départ est donc très simi­laire, mais les solu­tions envi­sa­gées assez diver­gen­tes. Pas éton­nant, me direz-vous, un ancien pays com­mu­niste et un pays réso­lu­ment capi­ta­liste…! Et pour­tant, la sur­prise face aux idées pro­po­sées vient d’ailleurs… .

La Slo­vé­nie envi­sage d’emprun­ter une voie lar­ge­ment répan­due par exem­ple en Ita­lie avec ses coo­pé­ra­ti­ves socia­les, pra­ti­quée aussi chez nous, en axant les aides finan­ciè­res pour les entre­pri­ses de l’ESS sur les per­son­nes (les Roms en Slo­vé­nie par exem­ple tiens, à ce pro­pos…non, autre billet…)…et non sur les acti­vi­tés et ser­vi­ces déve­lop­pés. Alors que nous, ici, on s’oriente plus vers une éco­no­mie com­mu­nau­taire, issue de la société civile, plus affi­liée a priori à des con­cepts com­mu­nis­tes. Cepen­dant, les pro­blé­ma­ti­ques sou­le­vées par la pro­po­si­tion légis­la­tive slo­vène rap­pel­lent cel­les que nous vivons au Luxem­bourg, en atten­tant la mise en œuvre de la décla­ra­tion gou­ver­ne­men­tale de 2009, qui disait, pour rap­pel: “Nous accor­dons une impor­tance nou­velle à ce qu’on appelle l’éco­no­mie soli­daire. En la con­fiant à un minis­tre, celui de l’Éco­no­mie, nous lui accor­dons au Luxem­bourg une recon­nais­sance dont elle ne béné­fi­cie que dans peu de pays au monde. En char­geant un minis­tre délé­gué de l’éco­no­mie soli­daire, nous mon­trons que nous con­si­dé­rons ce domaine de la poli­ti­que comme une mis­sion essen­tielle du gou­ver­ne­ment. Nous vou­lons don­ner à l’éco­no­mie soli­daire un cadre juri­di­que par l’intro­duc­tion d’une asso­cia­tion d’inté­rêt col­lec­tif. Cette nou­velle forme juri­di­que per­met­tra de con­si­dé­rer l’éco­no­mie soli­daire comme le troi­sième pilier de notre éco­no­mie. L’éco­no­mie soli­daire pro­pose au public des pro­duits et ser­vi­ces à valeur socioé­co­no­mi­que. La plu­part de ces ser­vi­ces et pro­duits ne sont pas pro­po­sés par l’éco­no­mie réelle. Or, on en a besoin. C’est pour­quoi nous nous occu­pe­rons davan­tage de cet élé­ment impor­tant de notre offre éco­no­mi­que glo­bale. Son finan­ce­ment ne repose pas exclu­si­ve­ment sur des fonds publics. L’éco­no­mie soli­daire doit aussi être en mesure de mobi­li­ser en par­tie des moyens en pro­ve­nance du cir­cuit éco­no­mi­que nor­mal.”.

port départ.jpg Les pro­blé­ma­ti­ques sont de plu­sieurs ordres, comme par exem­ple au niveau juri­di­que, le défaut de défi­ni­tion des entre­pri­ses de l’ESS, juri­di­que encore, le pro­blème de l’absence d’une régle­men­ta­tion des acti­vi­tés mar­chan­des désin­té­res­sées. Mais aussi au niveau de la gou­ver­nance, par le man­que de défi­ni­tion du rôle des par­ties pre­nan­tes. Et, la ques­tion de la pré­ca­rité des emplois dans les entre­pri­ses de l’ESS reste de mise. Il y a du bou­lot, dans les deux pays, mais en s’échan­geant, en col­la­bo­rant, en par­ta­geant nos savoirs et expé­rien­ces…qui sait…?

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49

Auteur: Véronique Medinger

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