Where the f*** is Laesoe?
Publié le mercredi 27 octobre 2010, 15:00 - Monde - Lien permanent
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Eh bien je l’ai su à la suite d’un long périple qui fera peut-être le sujet d’un autre billet…plus ludique.
Mais là on est dans du sérieux. Du 22 au 24 septembre dernier s’est tenue à Laesoe (DK) la “12ième Conférence Biennale du Consortium pour le Développement Social” (ICSD-International Consortium for Social Development).
Le sujet: ” Les droits de l’Homme et le développement social – un chemin vers la durabilité”.

La conférence avait comme but de discuter de nouvelles stratégies pour encourager la promotion des droits de l’Homme et du développement social et durable. La question qui se posait était de savoir si les droits de l’Homme pouvaient donner de nouveaux chemins pour comprendre la transformation sociétale et fournir les moyens pour envisager un développement plus durable. La conférence a été organisée par la branche européenne de l’ICSD, dont le siège est à Schifflange (L) et était divisée en trois workshops:
1) Disparités, inégalités et migrations régionales
2) Nouvelles approches de l’éducation au développement durable
3) Economie sociale et développement local
Les trois workshops, ainsi que les discussions entre participants, avaient comme but d’explorer par quels moyens les valeurs sociales et morales pouvaient livrer de nouveaux standards pour le développement sociétal.
Concrètement: Les deux journées dédiées exclusivement aux workshops, qui étaient plus des exposés suivis de “questions-réponses”, étaient consacrées à des thématiques très diverses telles que: “La crise sécuritaire en Inde: le champ ardent d’un zone de conflit”, “Les droits de l’Homme comme instrument de l’éducation personnelle. La contribution de la théologie” (…sans commentaire), “La pauvreté infantile en Allemagne”, passons, des sujets certes très importants, très axés sur le “social”. La deuxième journée fût plus riche pour les personnes intéressées par une économie solidaire, en provenance et au bénéfice de la société civile.
On avait entre autres le loisir de pouvoir écouter le Prof. Dr. Susanne Elsen promouvoir l’économie communautaire comme modèle soutenable pour la société, Romain Biever, Administrateur délégué du réseau Objectif Plein Emploi, présenter l’économie solidaire comme réponse aux questions d’une nouvelle gouvernance, Prof. Mag. Dr. Arno Heimgartner faire une analyse d’un possible fossé de la participation civile en Autriche et, avant tout, entendre un exposé qui pourrait venir presque de notre bouche (luxembourgeoise). Là voici.
Pour les plus pressés, résumons: La présentation était tenue par deux charmantes slovènes, Liljana Rhiter, Ph.D. et Romana Zidar, MA de l’Université de Ljubljana, Faculté du travail social.
En Slovénie, comme au Luxembourg (l’Espagne vient de franchir le pas récemment), il n’existe pas de législation propre à l’économie sociale et solidaire (ESS).
Comme au Luxembourg, les entreprises de l’ESS se situent dans le secteur non lucratif et “bénéficient” d’une législation indirecte sur l’emploi, le rétablissement du plein emploi et la stimulation de l’emploi pour des personnes dites “défavorisées”.
Et, à l’instar du Luxembourg, en Slovénie, les entreprises de l’ESS sont considérées comme des “entreprises d’insertion” pour les franges “fragilisées” de la population.
Le point de départ est donc très similaire, mais les solutions envisagées assez divergentes. Pas étonnant, me direz-vous, un ancien pays communiste et un pays résolument capitaliste…!
Et pourtant, la surprise face aux idées proposées vient d’ailleurs… .
La Slovénie envisage d’emprunter une voie largement répandue par exemple en Italie avec ses coopératives sociales, pratiquée aussi chez nous, en axant les aides financières pour les entreprises de l’ESS sur les personnes (les Roms en Slovénie par exemple tiens, à ce propos…non, autre billet…)…et non sur les activités et services développés. Alors que nous, ici, on s’oriente plus vers une économie communautaire, issue de la société civile, plus affiliée a priori à des concepts communistes. Cependant, les problématiques soulevées par la proposition législative slovène rappellent celles que nous vivons au Luxembourg, en attentant la mise en œuvre de la déclaration gouvernementale de 2009, qui disait, pour rappel: “Nous accordons une importance nouvelle à ce qu’on appelle l’économie solidaire. En la confiant à un ministre, celui de l’Économie, nous lui accordons au Luxembourg une reconnaissance dont elle ne bénéficie que dans peu de pays au monde. En chargeant un ministre délégué de l’économie solidaire, nous montrons que nous considérons ce domaine de la politique comme une mission essentielle du gouvernement. Nous voulons donner à l’économie solidaire un cadre juridique par l’introduction d’une association d’intérêt collectif. Cette nouvelle forme juridique permettra de considérer l’économie solidaire comme le troisième pilier de notre économie. L’économie solidaire propose au public des produits et services à valeur socioéconomique. La plupart de ces services et produits ne sont pas proposés par l’économie réelle. Or, on en a besoin. C’est pourquoi nous nous occuperons davantage de cet élément important de notre offre économique globale. Son financement ne repose pas exclusivement sur des fonds publics. L’économie solidaire doit aussi être en mesure de mobiliser en partie des moyens en provenance du circuit économique normal.”.
Les problématiques sont de plusieurs ordres, comme par exemple au niveau juridique, le défaut de définition des entreprises de l’ESS, juridique encore, le problème de l’absence d’une réglementation des activités marchandes désintéressées. Mais aussi au niveau de la gouvernance, par le manque de définition du rôle des parties prenantes. Et, la question de la précarité des emplois dans les entreprises de l’ESS reste de mise.
Il y a du boulot, dans les deux pays, mais en s’échangeant, en collaborant, en partageant nos savoirs et expériences…qui sait…?
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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