Cours camarade, le vieux monde est derrière toi
Publié le mercredi 26 janvier 2011, 12:01 - Coups de chapeau - Lien permanent
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“Alors s’assit sur un monde en ruines, une jeunesse soucieuse
”. Alfred de Musset, 1856 dans Confession d’un enfant du siècle.
Le poète a toujours raison et cette citation, nul doute qu’elle illustre la situation de notre jeunesse actuelle. En ce début de 21ème siècle, le mot avenir a-t-il encore un sens pour les moins de 25 ans ?
Cette génération peut légitimement se poser la question, car les défis auxquels elle a, et aura à faire face, sont immenses. La plupart de ceux qui entrent maintenant dans le monde adulte ont parfaitement intégrés le fait que la planète est en danger, que la planète demande maintenant à être soignée, préservée. Ils savent que la planète que nous sommes en voie de leur léguer est malade, gravement malade. Pour ce faire, ils vont devoir revoir de fond en comble leur mode de vie, alors même que pour nombre d’entre eux, ils ont été élevés dans le culte de la jouissance sans contrainte.
Vous avez dit schizophrénie ? En tout cas cela y ressemble.
La jeunesse actuelle se trouve donc dans une situation où comme la génération d’après guerre il va falloir reconstruire. Reconstruire, réparer la planète, reconstruire une société qui n’hypothèque pas le futur de ses enfants et petits enfants ; reconstruire une société lavée du culte des opportunités personnelles basée sur des mots, des valeurs, qui, il n’y a pas si longtemps, ne suscitaient que ricanements et railleries.
Devant une telle tâche, le risque est grand que certains ne cèdent au découragement, car au-delà des enjeux environnementaux, force est de constater que l’ascenseur social ne fonctionne plus guère, l’éducation permets de moins en moins aux jeunes de s’insérer dans la société, les amortisseurs sociaux hérités des trente glorieuses sont en panne, ou en voie de démantèlement.
Le danger est donc grand pour cette génération de sombrer dans une forme de ghettoïsation, où les descendants des classes les plus favorisés continueront à vivre dans l’opulence au milieu d’un océan de difficultés et de précarités.
Le sentiment qu’il est impossible de s’en sortir socialement, si l’on n’est pas’ fils/fille de’ est un sentiment déjà très présent dans nos lycées.
J’en veux pour preuve le terme utilisé par les adolescents francophones pour se reconnaître entre eux. Le terme ‘blindé’ désigne les fils/filles de ceux qui possèdent, mais par la même désignent aussi ceux qui pourront s’abriter derrière le blindage du statut social de leur famille…
Ceci dit, la génération des moins de 25 ans en partie grâce au monde de la <connectivité> a réussi en très peu de temps à s’affranchir des frontières et ainsi à donner la possibilité aux électrons qui croient en l’avenir, la possibilité de bouger en faisant fi des barrières et périmètres géographiques, ce que les générations précédentes n’ont jamais pu faire. Alors, fonce camarade, le vieux monde est derrière toi.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50




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