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Bien être au travail : la fable du pharaon et du communiste ?

C’est un fait que cette notion, ce con­cept sem­ble faire recette ces der­niers temps. L’entre­prise, dans sa grande géné­ro­sité se sou­cie­rait donc du bien être de ses sala­riés. Pour­quoi ? Par phi­lan­thro­pie ? Pour une ques­tion d’image ? Ou tout sim­ple­ment, parce qu’un sala­rié heu­reux est un sala­rié plus pro­duc­tif.

Que recou­vre, cette notion de bien être ? Car à y regar­der de plus près, cela dépend d’abord de qui en parle, et à qu’elle place, il se trouve. Quand un déci­deur, un mana­geur intro­duit le con­cept, il intro­duit un con­cept col­lec­tif. Il s’agit du bien être de ses sala­riés, dans sa glo­ba­lité. Mais le bien être, vu du sala­rié, se résume aussi à < l’être bien> de l’indi­vidu. Nous som­mes donc, dans une vision per­son­nelle.

Le bien être col­lec­tif, doit donc, en théo­rie, pro­mou­voir et favo­ri­ser l’ <être bien> indi­vi­duel. Le pos­tu­lat de départ serait donc, qu’il suf­fit de créer les con­di­tions, pour que <l’être bien> indi­vi­duel puisse s’épa­nouir. Ne serions nous pas dans une logi­que tota­li­taire ? La ques­tion est pro­vo­ca­trice, mais mérite d’être posée.

Rap­pe­lez vous, l’Union sovié­ti­que, tout était fait ; tou­tes les con­di­tions avaient été, en théo­rie, mises en place, pour que les tra­vailleurs soient heu­reux. Tra­vail assuré, pas de chô­mage, loge­ment, vacan­ces, crè­ches, maga­sins d’entre­pri­ses, can­ti­nes, hôpi­taux, éco­les. C’était le para­dis des tra­vailleurs. On sait tous, quelle fût la teneur exacte de <ce para­dis>.

Faut il pour autant brû­ler, ce < bien être au tra­vail>, n’y voir que le der­nier ava­tar, le der­nier moyen trouvé, pour accroî­tre la pro­duc­ti­vité ? Bien sûr que non. Mais le bien être au tra­vail, ne se résume pas seu­le­ment à des plan­tes ver­tes, des aqua­riums, des musi­ques d’ambiance, ou à des espa­ces fumeurs. Pour se sen­tir bien, dans une entre­prise, une struc­ture, encore faut il y avoir une vraie place. Ce que l’on appelle la recon­nais­sance. Le bien être au tra­vail passe éga­le­ment par l’ins­tau­ra­tion d’une véri­ta­ble cul­ture du dia­lo­gue, par une lisi­bi­lité, une visi­bi­lité, sur les objec­tifs, sur les inves­tis­se­ments, les pro­jets, bref, par une forme de démo­cra­ti­sa­tion de la vie de la struc­ture.

Et là, nous tou­chons iné­vi­ta­ble­ment, aux pra­ti­ques mana­gé­ria­les. Car, au-delà des effets d’annonce, des cam­pa­gnes de com­mu­ni­ca­tion, qu’elle est la réa­lité des entre­pri­ses de ce début du 21ème siè­cle ? En règle géné­rale, tou­jours cette bonne vieille orga­ni­sa­tion pyra­mi­dale, avec un pha­raon à sa tête.

Si votre boss, décide d’ins­tau­rer, ou de met­tre en place, une poli­ti­que du bien être dans votre entre­prise, n’omet­tez pas de lui rap­pe­ler, que même si pha­raon déci­dait de tout, sa fonc­tion pre­mière était d’assu­rer l’har­mo­nie entre les hom­mes et le ciel, afin de con­tri­buer à garan­tir l’éter­nité de son peu­ple. Qu’on se le dise

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50

Auteur: Bernard Horschler

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