Pakistan : Le bal des idées reçues et des préjugés.
Publié le vendredi 17 septembre 2010, 15:31 - Monde - Lien permanent
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Après Haïti, le Pakistan. Après le tremblement de terre, les inondations. Plus de 20% du pays est sous l’eau. Le chiffre de plus de 10 millions de personnes touchées est avancé. Pour Haïti, les dons, et heureusement, avaient afflués dès les premières heures. Pour le Pakistan, par contre c’est plus difficile. Les généreux donateurs se feraient donc tirer l’oreille. Pourquoi ? y aurait il de bonnes et de mauvaises catastrophes ? A fortiori y aurait-il de bonnes et de moins bonnes victimes ? Faut dire que le Pakistan n’a pas bonne presse. Ou en tout cas son image, n’est pas franchement très reluisante. Petit florilège de préjugés, idées reçues glanées sur la toile.
Premier point négatif : Musulman, tendance intégriste Le Pakistan est un pays de barbus. Ben oui, il y a beaucoup de barbus au Pakistan. Normal, l’islam invite les croyants à porter la barbe. Tous les musulmans portant la barbe ne sont pas intégristes et militants de la cause talibane. Cela se s’aurait si c’était le cas. 175 millions d’habitants tout de même.
Deuxième point négatif : Pakistan égale talibans. Oui, sur le territoire Pakistanais il existe des zones contrôlées par les talibans (les zones dites tribales). Talibans, qui soit dit en passant ont été encouragés, financés, instrumentalisés, à l’origine par la CIA via le Pakistan pour lutter contre la présence Soviétique en Afghanistan. Aujourd’hui l’armée Pakistanaise est en lutte armée contre les talibans. Plus de 1700 morts en 2009 l’attestent.
Troisième point négatif : L’incurie de l’Etat Pakistanais. Depuis le début, nombre de journalistes, chroniqueurs mettent ce point en avant. Peut être qu’effectivement les services de l’Etat sont déficients, mais remettons la mosquée au cœur de la Medina. Plus de 20% du pays est sous les eaux. Cela représente une superficie comparable à l’Angleterre…. Il est vrai que les donneurs de leçon d’outre Atlantique ont démontré une fantastique capacité de réaction lors de Katrina…..
Quatrième point négatif : la bombe atomique. Comment, un pays disposant de la bombe atomique, donc de moyens humains et financiers n’est il pas en capacité de faire face, sinon parce que les moyens financiers sont dédiés en priorité à l’armée et à la bombe. En clair, au lieu de mettre tout cet argent, ils devraient l’investir dans la santé, l’éducation. Sauf que, la bombe pakistanaise n’a en vérité qu’une finalité. En tout cas, le pays s’en est doté au départ dans ce but. Se protéger de son voisin Indien. Depuis la partition de 1947, les relations Pakistano-Indiennes sont particulièrement difficiles, chaotiques. Des accrochages armés plus ou moins importants ont lieu à intervalles réguliers autour de la question du Cachemire. La bombe atomique Pakistanaise est à lire aussi sous cet angle.
Cinquième point négatif : la corruption. Le Pakistan, comme beaucoup d’autres souffre de cette plaie. C’est un fait. Les partis politiques sont décriés et régulièrement brocardés par la population. Dans le désordre, corruption, négligence, égoïsme, incompétence. Tels sont les épithètes accolés à l’expression classe politique. L’aide, les dons ne serviraient qu’à alimenter cet état de fait ? Soyons sérieux. Qui peux croire un seul instant que les ONG œuvrant sur le terrain seraient des éléments corrupteurs. Par contre, suffit de passer la frontière afghane pour entendre de plus en plus de voix s’interrogeant sur les pratiques de certaines sociétés privées de sécurité occidentales… La corruption n’aurait elle pas aussi des causes exogènes ? De toute façon, vu le montant des aides octroyées jusqu’à présent, aucune chance que le Pakistan ne sombre dans un trou noir de corruption….
Sixième point négatif : l’armée. Le Pakistan passe pour un pays sous contrôle de son armée. Une espèce de dictature militaire cachée. Effectivement, l’armée a une place considérable dans ce pays. Il est vrai qu’elle est aussi la seule force organisée et efficace. Dans la situation actuelle, ce serait plutôt un avantage.
En tout cas, soyez sûrs d’une chose. Les victimes, dans leur écrasante majorité sont des petits paysans n’ayant jamais quittés leurs villages, et qui vivaient pauvrement, difficilement, de leurs demi-hectare de moyenne et de quelques animaux domestiques. Leurs vies se résument essentiellement à survivre et trouver les moyens pour nourrir leurs enfants, loin de la politique, des djihads et des médias.
Pensez d’abord à eux, donnez.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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