Le changement commence auprès de soi-même !
Publié le mercredi 01 septembre 2010, 14:19 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Le directeur du WWF France, la célèbre organisation de défense de l’environnement, nous a donné une interview. Il prouve que l’on peut parler et s’exprimer sur des sujets sérieux, sans se prendre trop au sérieux.
DD : Je vous ai écouté parler un petit peu ce matin .
SO : Ah, vous m’avez écouté seulement un petit peu ?!
DD : Enfin non, entièrement ! Vous disiez qu’il fallait commencer avec un changement auprès de soi-même. Avez-vous changé vos habitudes ? Lesquelles et pourquoi ?
SO : A la maison, par exemple, pour la répartition des tâches domestiques. C’est pas encore égalitaire, mais j’y travaille. Je ne lave pas le linge, je ne le sort pas de la machine à laver, je ne le mets pas sécher, je ne m’occupe pas de mon linge, quoi. Mais je fais des choses, je progresse. Il faut dire que je suis méditerranéen, j’avais cinq sœurs et une mère à la maison, alors.
DD : Ah oui, c’est vrai, vous êtes corse. Si je vous parle de développement durable, grands termes utilisés par les politiciens, qu’est ce que vous entendez par ce concept ?
SO : Le développement durable, c’est une bouteille en plastique qui roule sur la place. Moi, je crois beaucoup au développement humain. D’abord, il y avait le sustainable development, c’était ça l’histoire de départ, ce n’était pas le développement durable, et on ne l’a pas appelé développement soutenable en français. On l’a appelé développement humainement durable. Donc c’est un développement qui permettra à l’humain de vivre en harmonie avec la nature et de préserver son environnement immédiat ou lointain, dans tous ses gestes et ses actes.
DD : On commence par soi pour ensuite s’étendre à une collectivité.
SO : Oui, mais l’individu est trop seul, il y a des autres. Il ne peut qu’habiter dans des habitats qu’on lui propose etc. Donc il faut essayer avec des réglementations et aussi des politiques. Donc l’individu doit tout faire. C’est bien de montrer l’exemple, mais l’individu ne peut pas le faire seul. Par contre, on peut se regrouper dans des associations, agir, demander qu’il y ait davantage de nature dans la ville, demander qu’il y ait plus de transports en commun. Il y a des tas de chose à demander, à faire, à provoquer. Tout ne peut pas arriver comme la pluie sur le champ.
DD : Si vous étiez actif dans une association d’économie solidaire, quels seraient les projets que vous réaliseriez ? Quels seraient les grandes lignes que vous démarcheriez ?
SO : Economie sociale et solidaire, vous rajoutez l’environnement, vous avez tout. En fait, on est connecté avec le tout. Il ne peut pas y avoir d‘écologie sans droit humain, il ne peut pas y avoir d’écologie sans équité, sans droit sociaux. C’est la même ligne de front. Pourquoi on opposerait environnement et social, je sais pas.
DD : En tant que président de ..
SO : Non, directeur général, c’est Isabelle Autissier la présidente
DD : A quoi ressemble une journée du directeur général de WWF France ? SO : C’est une grande journée, je ne fais pas que des conférences, je dirige une équipe de presque cent personnes, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, à Marseille, Lyon, et Paris. Faire des propositions. Bien sûr intervenir dans les médias et dans les conférences. C’est aussi travailler avec des entreprises, c’est aller voir les politiques, faire du lobbying politique, c’est créer des stratégies, c’est développer tout ce qui concerne le WWF en France et en international. C’est un travail colossal, et passionnant. Il faut beaucoup d’énergie.
DD : J’imagine que c’est passionnant et fatiguant aussi.
SO : C’est fatiguant, c’est énervant, on peut sauter sur une mine à tout instant. On est entrés dans la sphère politique et ça c’est vachement difficile.
DD : Est-ce que vous vous voyez en tant qu’homme politique ?
SO : Un peu, ouais …
DD : Vous essayez de sensibiliser …
SO : Oui, à mon corps défendant. Je suis partisan et mon candidat c’est la planète. Je vote pour la planète.
DD : Si vous aviez une phrase, un message, un conseil à faire passer à l’humanité pour changer quelque chose, vous diriez quoi ?
SO : C’est la phrase qui disait « La véritable sagesse dans la vie, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vu pendant qu’on les poursuit » (William Faulkner ou Oscar Wilde ?)
DD : Vous en avez citée une autre ce matin …
SO : Oui, de Pierre Barouh, celui qui avait fait la chanson d’un homme et d’une femme, chabadabada . « Il y a ceux qui rêvent les yeux ouverts et ceux qui vivent les yeux fermés »
DD : Pour vous c’est la situation actuelle ?
SO : Nos cultures vivent les yeux fermés, oui
DD : Ils savent qu’il y a quelque chose, mais ne veulent pas voir la réalité en face, ils veulent continuer à vivre dans le confort sans se poser de questions …
SO : Aussi dans leurs problèmes, dans la précarité. En France, il y a beaucoup de gens qui vivent dans la précarité. Il y a 8 millions de personnes qui vivent cette situation. La vie est un combat, tout est combat. Même après la mort.
SO : Qu’est-ce que vous pensez d’une journée comme celle-là ?
DD : Il y a des messages qui passent, il y a des débats, des opinions diverses. J’ai toujours peur que les gens partent avec une bonne idée en tête, et se disent « j’ai envie de changer, j’ai envie de faire quelque chose », et puis que cet enthousiasme se perde un petit peu dès le lendemain. C’est souvent mon impression quand je vais à ce genre de conférences. J’ai l’impression que certaines personnes ne se rendent pas compte de la situation actuelle. C’est toujours les autres qui sont responsables, et pas soi-même. C’est une mentalité qui me dérange énormément. J’espère toujours que les gens aient compris quelque chose et qu’ils aient un message pour leurs amis et leur entourage. C’est pas toujours évident.
Yann Arthus-Bertrand pose des questions à Serge Orru :
YAB : Votre mot préféré ? SO : Colonisation
YAB : Le mot que vous détestez ? SO : Sale arabe
YAB : Votre drogue favorite ? SO : Amour
YAB : Le son, le bruit que vous aimez ? SO : La mer
YAB : Le son, le bruit que vous détestez ? SO : La craie qui crisse sur un tableau
YAB : Votre juron, gros mot ou blasphème favori ? SO : Putain de merde
YAB : Homme ou Femme pour illustrer un nouveau billet de banque ? SO : Une femme, de l’affiche rouge, c’est un réseau de résistants juifs et polonais, communistes en partie
YAB : Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ? Croque-mort
YAB : La plante l’arbre ou l’animal dans le/laquelle vous aimeriez être réincarné ? SO : Oiseau
YAB : Si Dieu existait, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre dire ? SO : Retourne, y a du boulot !!
Informez-vous sur les actions de WWF France sur le site de l’organisation
Le développement durable au Luxembourg. Lien vers le site du gouvernement luxembourgeois
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50






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