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Le changement commence auprès de soi-même !

Le direc­teur du WWF France, la célè­bre orga­ni­sa­tion de défense de l’envi­ron­ne­ment, nous a donné une inter­view. Il prouve que l’on peut par­ler et s’expri­mer sur des sujets sérieux, sans se pren­dre trop au sérieux.

Serge Orru

DD : Je vous ai écouté par­ler un petit peu ce matin .

SO : Ah, vous m’avez écouté seu­le­ment un petit peu ?!

DD : Enfin non, entiè­re­ment ! Vous disiez qu’il fal­lait com­men­cer avec un chan­ge­ment auprès de soi-même. Avez-vous changé vos habi­tu­des ? Les­quel­les et pour­quoi ?

SO : A la mai­son, par exem­ple, pour la répar­ti­tion des tâches domes­ti­ques. C’est pas encore éga­li­taire, mais j’y tra­vaille. Je ne lave pas le linge, je ne le sort pas de la machine à laver, je ne le mets pas sécher, je ne m’occupe pas de mon linge, quoi. Mais je fais des cho­ses, je pro­gresse. Il faut dire que je suis médi­ter­ra­néen, j’avais cinq sœurs et une mère à la mai­son, alors.

DD : Ah oui, c’est vrai, vous êtes corse. Si je vous parle de déve­lop­pe­ment dura­ble, grands ter­mes uti­li­sés par les poli­ti­ciens, qu’est ce que vous enten­dez par ce con­cept ?

SO : Le déve­lop­pe­ment dura­ble, c’est une bou­teille en plas­ti­que qui roule sur la place. Moi, je crois beau­coup au déve­lop­pe­ment humain. D’abord, il y avait le sus­tai­na­ble deve­lop­ment, c’était ça l’his­toire de départ, ce n’était pas le déve­lop­pe­ment dura­ble, et on ne l’a pas appelé déve­lop­pe­ment sou­te­na­ble en fran­çais. On l’a appelé déve­lop­pe­ment humai­ne­ment dura­ble. Donc c’est un déve­lop­pe­ment qui per­met­tra à l’humain de vivre en har­mo­nie avec la nature et de pré­ser­ver son envi­ron­ne­ment immé­diat ou loin­tain, dans tous ses ges­tes et ses actes.

DD : On com­mence par soi pour ensuite s’éten­dre à une col­lec­ti­vité.

SO : Oui, mais l’indi­vidu est trop seul, il y a des autres. Il ne peut qu’habi­ter dans des habi­tats qu’on lui pro­pose etc. Donc il faut essayer avec des régle­men­ta­tions et aussi des poli­ti­ques. Donc l’indi­vidu doit tout faire. C’est bien de mon­trer l’exem­ple, mais l’indi­vidu ne peut pas le faire seul. Par con­tre, on peut se regrou­per dans des asso­cia­tions, agir, deman­der qu’il y ait davan­tage de nature dans la ville, deman­der qu’il y ait plus de trans­ports en com­mun. Il y a des tas de chose à deman­der, à faire, à pro­vo­quer. Tout ne peut pas arri­ver comme la pluie sur le champ.

Schéma Développement durable

DD : Si vous étiez actif dans une asso­cia­tion d’éco­no­mie soli­daire, quels seraient les pro­jets que vous réa­li­se­riez ? Quels seraient les gran­des lignes que vous démar­che­riez ?

SO : Eco­no­mie sociale et soli­daire, vous rajou­tez l’envi­ron­ne­ment, vous avez tout. En fait, on est con­necté avec le tout. Il ne peut pas y avoir d‘éco­lo­gie sans droit humain, il ne peut pas y avoir d’éco­lo­gie sans équité, sans droit sociaux. C’est la même ligne de front. Pour­quoi on oppo­se­rait envi­ron­ne­ment et social, je sais pas.

DD : En tant que pré­si­dent de ..

SO : Non, direc­teur géné­ral, c’est Isa­belle Autis­sier la pré­si­dente

DD : A quoi res­sem­ble une jour­née du direc­teur géné­ral de WWF France ? SO : C’est une grande jour­née, je ne fais pas que des con­fé­ren­ces, je dirige une équipe de pres­que cent per­son­nes, en Guyane, en Nou­velle-Calé­do­nie, à Mar­seille, Lyon, et Paris. Faire des pro­po­si­tions. Bien sûr inter­ve­nir dans les médias et dans les con­fé­ren­ces. C’est aussi tra­vailler avec des entre­pri­ses, c’est aller voir les poli­ti­ques, faire du lob­bying poli­ti­que, c’est créer des stra­té­gies, c’est déve­lop­per tout ce qui con­cerne le WWF en France et en inter­na­tio­nal. C’est un tra­vail colos­sal, et pas­sion­nant. Il faut beau­coup d’éner­gie.

DD : J’ima­gine que c’est pas­sion­nant et fati­guant aussi.

SO : C’est fati­guant, c’est éner­vant, on peut sau­ter sur une mine à tout ins­tant. On est entrés dans la sphère poli­ti­que et ça c’est vache­ment dif­fi­cile.

DD : Est-ce que vous vous voyez en tant qu’homme poli­ti­que ?

SO : Un peu, ouais …

DD : Vous essayez de sen­si­bi­li­ser …

SO : Oui, à mon corps défen­dant. Je suis par­ti­san et mon can­di­dat c’est la pla­nète. Je vote pour la pla­nète.

DD : Si vous aviez une phrase, un mes­sage, un con­seil à faire pas­ser à l’huma­nité pour chan­ger quel­que chose, vous diriez quoi ?

SO : C’est la phrase qui disait « La véri­ta­ble sagesse dans la vie, c’est d’avoir des rêves suf­fi­sam­ment grands pour ne pas les per­dre de vu pen­dant qu’on les pour­suit » (William Faulk­ner ou Oscar Wilde ?)

DD : Vous en avez citée une autre ce matin …

SO : Oui, de Pierre Barouh, celui qui avait fait la chan­son d’un homme et d’une femme, cha­ba­da­bada . « Il y a ceux qui rêvent les yeux ouverts et ceux qui vivent les yeux fer­més »

DD : Pour vous c’est la situa­tion actuelle ?

SO : Nos cul­tu­res vivent les yeux fer­més, oui

DD : Ils savent qu’il y a quel­que chose, mais ne veu­lent pas voir la réa­lité en face, ils veu­lent con­ti­nuer à vivre dans le con­fort sans se poser de ques­tions …

SO : Aussi dans leurs pro­blè­mes, dans la pré­ca­rité. En France, il y a beau­coup de gens qui vivent dans la pré­ca­rité. Il y a 8 mil­lions de per­son­nes qui vivent cette situa­tion. La vie est un com­bat, tout est com­bat. Même après la mort.

SO : Qu’est-ce que vous pen­sez d’une jour­née comme celle-là ?

DD : Il y a des mes­sa­ges qui pas­sent, il y a des débats, des opi­nions diver­ses. J’ai tou­jours peur que les gens par­tent avec une bonne idée en tête, et se disent « j’ai envie de chan­ger, j’ai envie de faire quel­que chose », et puis que cet enthou­siasme se perde un petit peu dès le len­de­main. C’est sou­vent mon impres­sion quand je vais à ce genre de con­fé­ren­ces. J’ai l’impres­sion que cer­tai­nes per­son­nes ne se ren­dent pas compte de la situa­tion actuelle. C’est tou­jours les autres qui sont res­pon­sa­bles, et pas soi-même. C’est une men­ta­lité qui me dérange énor­mé­ment. J’espère tou­jours que les gens aient com­pris quel­que chose et qu’ils aient un mes­sage pour leurs amis et leur entou­rage. C’est pas tou­jours évi­dent.

Yann Arthus-Ber­trand pose des ques­tions à Serge Orru :

YAB : Votre mot pré­féré ? SO : Colo­ni­sa­tion

YAB : Le mot que vous détes­tez ? SO : Sale arabe

YAB : Votre dro­gue favo­rite ? SO : Amour

YAB : Le son, le bruit que vous aimez ? SO : La mer

YAB : Le son, le bruit que vous détes­tez ? SO : La craie qui crisse sur un tableau

YAB : Votre juron, gros mot ou blas­phème favori ? SO : Putain de merde

YAB : Homme ou Femme pour illus­trer un nou­veau billet de ban­que ? SO : Une femme, de l’affi­che rouge, c’est un réseau de résis­tants juifs et polo­nais, com­mu­nis­tes en par­tie

YAB : Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ? Cro­que-mort

YAB : La plante l’arbre ou l’ani­mal dans le/laquelle vous aime­riez être réin­carné ? SO : Oiseau

YAB : Si Dieu exis­tait, qu’aime­riez-vous, après votre mort, l’enten­dre dire ? SO : Retourne, y a du bou­lot !!

Qui donc est Serge Orru ?

Infor­mez-vous sur les actions de WWF France sur le site de l’orga­ni­sa­tion

Le déve­lop­pe­ment dura­ble au Luxem­bourg. Lien vers le site du gou­ver­ne­ment luxem­bour­geois

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:50

Auteur: Daniela Dario

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read more ·  05 février 2011, 21:38

omg this is some great info!

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