Dennis Hopper : Born to be wild
Publié le mercredi 30 juin 2010, 11:02 - Monde - Lien permanent
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A 74 balais, Dennis Hopper vient de tirer sa révérence. Celui qui proclamait ‘ plutôt exploser en plein vol que mourir à petit feu
‘ n’a pas été jusqu’au bout de sa punk attitude. Pourtant, ce ne fut pas faute d’avoir essayé. Quoiqu’il en soit, Dennis Hopper restera l’auteur de ce formidable crachat cinématographique balancé à la face de l’Amérique blanche, puritaine et redneck. Le monumental, le fantastique road movie : Easy Rider.Dans un monde normé où conformisme et pensée unique règnent en maître, où la liberté n’est plus qu’un sinistre lambeau de lieux communs et de définitions moisies et convenues, le temps d’un instant, prenez les chemins de traverse, et…… Get your kicks on route…
Né dans une ferme poussiéreuse du Kansas, d’un père postier méthodiste et d’une mère au foyer, le sieur Hopper, s’il se fit rapidement connaître pour ses incontestables talents de comédien, se fit tout aussi rapidement blacklisté d’Hollywood. Ses hectolitres de Tequila ingurgités, ainsi que ses tirades sur les vieilles peaux ignares gérant le cinéma hollywoodien eurent vite fait de lui coller l’étiquette de sulfureux et infréquentable.
Contraint de cachetonner, il s’exile à New York, où il passe ses journées au musée d’art moderne et accessoirement suit des cours à l’Actor Studio de Lee Strasberg. Au chômage forcé, il se tourne vers son autre passion : la photographie ; qui lui permet de vivre entre deux hypothétiques cachets d’acteur.
Fin 1966, retour à Hollywood. Hopper consomme toujours autant d’alcool, de marijuana, qu’il remplace bientôt par les d’acides. Il est arrogant, violent, parano, de plus en plus ingérable fonçant droit vers le néant.
C’est alors que surgit Peter Fonda. En cette fin 1967 à l’autre bout du combiné son pote vient de lui en raconter une bonne. «Tu comprends, vieux, ce sera l’odyssée de deux copains chevauchant leur bécane à travers le pays. Deux motards qui ont fait un gros coup et veulent se retirer en Floride. Un western moderne, quoi !»
Peter Fonda laisse Dennis Hopper réaliser le film, convaincu que son énergie créative portera le film aux nues. Mais le tournage du film vire au cauchemar. Hopper se met à dos la quasi-totalité de l’équipe, en dégage la moitié, embauche des non-professionnels, donne des ordres sous l’emprise de la drogue tout en n’oubliant pas de créer un rôle pour Jack Nicholson et sa démesure.
La fin du tournage s’effectue sur le fil du rasoir. Hopper continuellement out, de plus en plus parano, donne ses directives avec deux pistolets chargés posés sur une table. Ambiance….
Pourtant, en quelques semaines, Easy Rider rapporte plus de 19 millions de dollars. Hoper vient de toucher le jackpot. Profitant de sa notoriété, il enchaîne avec The Last Movie, un film tourné au Pérou dans une ambiance orgiaque et hallucinogène ; un bide commercial. Défoncé en permanence à la coke, l’héroïne, la Tequila, Hopper sombre alors dans une décennie d’errance entre Paris et le Nouveau Mexique et enchaine les navets comme d’autres les perles.
Son rôle du photographe dézingué dans ‘ Apocalypse Now ‘ témoigne de l’état dans lequel Hopper se débat à cette époque. On le retrouve ensuite en 1983, nu au milieu d’une rue de Cuernavaca (Mexique) hurlant contre d’invisibles tireurs d’élite lancés à ses trousses. Cet épisode marquera définitivement la fin de sa vie de junkie.
Enfin clean, il réalise en 1988 l’excellent Colors avec Sean Penn et multiplie les rôles dans des films de Peckinpah , Coppola et Lynch où il apparaît en monstre psychopathe shooté à l’oxygène dans l’univers de Blue Velvet ; glaçant le sang des spectateurs en balançant à Dorothy Valens/Isabella Rossellini la fameuse réplique “Bébé veut baiser maman”
.
Si son physique de plus en plus émacié et son regard bleu acier le cantonnèrent peut être un peu trop dans les personnages de détraqué, Hopper ne laissa jamais de côté ses deux autres passions ; la peinture et la photographie. Passionné de longue date d’art moderne, il possédait une collection qui laisse rêveur (Warhol, Lichtenstein, Basquiat, Ruscha, Schnabel….). Quant à la photographie, ses photos démontrent que son parcours de cinéaste si chaotique qu’il fut, resta toujours inspiré par les autres arts.
Pas à une contradiction près, Hopper, s’il prôna l’anticonformisme affichait des opinions politiques clairement conservatrices. Il soutint Reagan, Bush père et fils, mais vota Obama… Va comprendre.
Salut l’artiste.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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