South Africa 2010
Publié le mardi 01 juin 2010, 17:25 - Monde - Lien permanent
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Peut-on parler de football dans un blog défendant l’économie solidaire ? Evidemment que oui, et ce, pour deux raisons.
Tout footeux qui se respecte à été nourri dés sa plus tendre jeunesse à la mamelle de la solidarité.
L’équipe est solidaire par définition. Dans les objectifs, les victoires et les défaites. Donc, proximité de mot.
Nos footballeurs, à l’instar des rocks stars qu’ils sont devenus, trempent eux aussi leurs crampons dans le charity-business. Pas un qui ne soit parrain d’une noble cause comme on dit. En règle générale les enfants. Normal, les gamins font acheter. Nos footballeurs/rock stars sont solidaires et en ont même, pour certains, fait un fond de commerce (Zidane).
Bien sûr, en hommes d’affaires avisés qu’ils sont devenus, ils prêtent leurs noms, leur notoriété, sans que nous n’ayons la moindre lisibilité sur leurs éventuels dons sonnants et trébuchants. Ces messieurs gagnant des dizaines de millions d’euros par an, on peut légitimement se demander, s’il ne serait pas plus simple pour eux de financer directement les orphelinats en Afrique (Drogba). Mais là-dessus silence radio. Les médias ne cherchent pas noise aux dieux du stade. Non. Tout est pardonné. Que Ribery fréquente une prostituée de 16 ans, pas grave, l’employeur (Bayern) protège son joueur des méchants et le récompense en faisant signer à ce pauvre type un nouveau contrat juteux de 10 millions d’euros par an. Affligeant. Que Di Canio (AS Roma) fasse le salut nazi avant les matchs revendiquant ouvertement ses opinions politiques fascistes, pas grave. Une amende de 10 000€ et c’est tout. Tout est permis, tout est pardonné. Dans un monde sans repères, le football nous renvoie l’image d’une société basée sur le cynisme où règne la seule recherche des opportunités personnelles. Le groupe, l’équipe n’est plus l’élément favorisant la réalisation personnelle, il en est devenu l’objet, l’instrument, que l’on consomme et que l’on jette après usage.
En attendant, le grand cirque du football débarque en Afrique du Sud et personne n’y échappera. Car ce grand barnum du business récolte les plus grandes audiences planétaires (bien plus que les Jeux Olympiques). Pourquoi ce sport peut-il à ce point être aussi populaire et dépasser les clivages de races et religions ? Pourtant, il est moins spectaculaire que le rugby, le basket. Des fois (souvent) on s’ennuie ferme. Mais le football a un avantage sur tous les autres sports, hormis le fait qu’il peut se pratiquer n’importe où et avec rien, il est d’abord un sport foncièrement injuste. Injuste, car ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne, injuste, car le résultat peut être le fruit d’erreurs (arbitrages). Le football est donc populaire car il est à l’image de la vie, de notre société, injuste, terriblement injustice et particulièrement cynique.
Partant du principe que l’on ne brûle que ce que l’on adore, les footeux et les autres trouveront ci-dessous une petite revue des forces en présence et mes pronostiques.
Favoris : évidemment, la bande des quatre (Allemagne, Argentine, Brésil, Italie) qui depuis 60 ans trustent les victoires.
Allemagne : depuis 60 ans, le jeu est toujours le même. Les adversaires ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas. Jeu dans les espaces basé sur l’impact physique. Spectaculaire, généreux, mais la Mannschaft dispose-t’elle de personnalités, d’individualités capables d’impulser cette fantaisie qui fait les grandes équipes et les champions. Pas sûr.
Argentine : Pour ce qui est du talent, de la fantaisie, de l’inspiration, il y a du monde. Avec un Messi capable de gagner un match à lui tout seul et un Gaby Heinze, formidable chien de garde/tour de défense, à priori l’albiceleste va être difficile à jouer. Seul bémol, l’entraîneur. On peut émettre des doutes sur Maradona/sélectionneur.
Brésil : Dunga a viré les night clubbers professionnels de la seleção (Ronaldinho, Adriano). Reste quand même Kaka, Robinho et le jeu à la brésilienne. Jeu en mouvement basé sur la technique individuelle. Un peu juste quand même pour cette année, mais Dunga assure lui comme sélectionneur. Donc…
Italie : Pour être champion, comme d’habitude, il va falloir sortir la squadra azzura. L’équation est toujours la même. Comment planter un pion aux ritals. La victoire de l’Inter en ligue des champions doit donner des sueurs froides aux futurs adversaires et spectateurs…
Outsiders
France : Sous Jacquet, les Bleus avaient fait leur coming out. Exit le football romantique de la bande à Platini, place à la machine à faire déjouer. Ray strange Domenech a tout compris, il a réussi à faire déjouer sa propre équipe. La triplette Lhoris, Gourcuff, Ribery a les moyens de rivaliser mais Anelka a-t-il vraiment envie ? Henry laissera-t-il ses mains tranquilles ? Gallas joue-t-il encore au foot ?
Portugal : Robocop Cristiano Ronaldo part balle au pied, quelques passements de jambe et Monsieur 99 millions frappe au but. Voilà le registre. Sera-t-il un véritable « plus » pour l’équipe ou comme d’habitude un monstre d’individualisme. Voilà l’équation pour les Portugais.
Pays-Bas : Si les Bataves réussissent à dépasser leurs habituelles dissensions, s’ils réussissent à abandonner leur penchant pour la suffisance, les Oranje disposent d’un potentiel intéressant, à condition tout de même qu’ils reviennent aux fondamentaux du foot. Marquer.
Espagne : Champion d’Europe en titre, l’équipe épouvantail du vieux continent. Mais les Torrés, Iniesta, Xavi, Alonso, risquent d’être rincés physiquement, donc, de ne pas tenir la distance. Là est la question, pour un pays qui n’a jamais brillé en coupe du monde.
Pronostique : Argentine/Pays-Bas
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49





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