Kachkéis, Bouneschlupp, Quetschekraut a ….Simon's Béier
Publié le mercredi 31 mars 2010, 10:10 - Luxembourg - Lien permanent
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Luxembourgeois de souche, de deux générations au moins, abstenez-vous de ce qui suit, vous aurez trop envie de retourner au “Stamminet” où vous avez eu les mêmes sujets de conversation avec les habitués hier soir. Non que j’accuse les Luxembourgeois de trop traîner dans les bistrots, notre titre de champions de consommation de bière, vin, cigarettes et café…les stations d’essence et leur mini super marchés frontaliers s’en chargent. Le taux de suicide, par contre, c’est nous seuls.
Mais ce n’est sûrement pas à cause de nos Mettwurscht. Ouf, j’ai trouvé autre chose que le “Thüringer”, puisqu’on n’a plus le droit d’utiliser ce terme pour nos “Grillwurscht”. Ah, ces allemands…
Bref, espérons que tous les Mathias “dits Mett” de chez nous, ne revendiquent pas le nom de cette saucisse qui porte leur nom. Mais au fait, je suis végétarienne, donc, à priori pas concernée. Je suis aussi luxembourgeoise, donc à priori riche, à tendance suicidaire, au moins trilingue, j’ai depuis peu, deux drapeaux nationaux grâce à Fränk et Ändy et je vis dans un paradis fiscal qui me rembourse chaque année plusieurs centaines d’euros d’impôts que j’ai payés, parce que…ben oui, on ne prête qu’aux riches, donc je suis endettée. Oui, pour acheter un bien immobilier et aller apprendre autre chose que trois langues, il faut partir à l’université, et emprunter de l’argent, preuve que je ne suis pas toute jeune non plus, c’était avant Uni.lu qui permet aux luxembourgeois de rester chez Papa Maman et faire ses échanges inter culturels à Walferdange.
Non, ce n’est pas une critique ni un dénigrement de l’importance d’avoir des formations universitaires de qualité dans notre pays, mais ceux qui sont passés comme moi par Strasbourg et/ou Bruxelles dans les années ‘90 comprendront. Parlant de Bruxelles et de ses choux, nos chouchoutes à nous, c’est la “Gëlle Fra”, “la mendiante” de la place Clairfontaine et la “Nana” de Nikki de ‘95. Quelle année! Je ne voyais même plus le numéro du bus que je devais prendre pour aller à Blaschette, mon chez moi, tellement il y avait de drapeaux pour promouvoir la capitale de la culture. Non je rigole, j’avais bien sûr une voiture déjà à l’époque, j’avais 19 ans quand-même! Et rassurez-vous, je n’habite plus à Blaschette, mais à Howald. J’aurais préféré Belair, ça le fait, mais ma sœur y était déjà alors il fallait innover…. Blaschette est maintenant un village dont les cabanes de jardin ont la taille de la maison de mes parents et je crois que les familles incestueuses de mon enfance ont toutes été victimes de la dégénérescence eugéniste. Là au moins c’est sûr que le terme ne sera pas revendiqué par les Eugène.
Mais ce n’est pas du tout ce que voulais dire. Je dois constater que mes collègues avaient raison. Lors d’une réunion, l’un d’entre eux a expliqué qu’il faut toujours commencer son texte par sa conclusion, l’autre collègue a dit qu’il faut avant toute chose faire un plan. Je conclus donc, en plein milieu de ce petit texte, que je n’ai pas de plan. Voyons où ça nous mène, si vous le voulez bien.
Au fait, tout a commencé à l’université. Les gens ne comprenaient pas qui étaient ces luxembourgeois, s’étonnaient que le Luxembourg ne soit pas une région allemande- mir wëlle bléiwe waat mer sin- on ne sait pas quoi, pas allemands dans les années ‘40 en tout cas. Et puis on a retrouvé la “Gëlle Fra”, on l’a mise en cloque en 2001, presque aussi grosse que la “Nana”…aujourd’hui on polémique sur son voyage à Shanghai. Même les “Deckkäpp” ont fait une trêve de blagues xénophobes pour en parler. Oui, j’écoute RTL pour les “Traffic Info” et pour rêver de “Carglass fléckt Glas, Carglass ersetzt”. Mais c’est le débat sur l’identité, même pas front-nationale en France, qui m’a fait remarquer que j’aime mon pays tel qu’il est, que je ne remarque même pas que je suis entourée de gens qui ne le connaissent que peu (toutes nationalités confondues), qu’à l’école primaire déjà il me semblait normal de partager les bancs avec Fernando, Carlos, Vladimir et Selma. Je n’y comprends rien à la fiscalité, paradis fiscal ne veut rien dire pour moi. “La boîte noire” de Denis Robert, acheté, jamais lu de peur d’ouvrir la boîte de Pandore. Non pas Andorre. C’est un paradis fiscal plein de riches ça! J’aime Blaschette, j’aime le Lycée des Garçons au Limpertsberg, j’aime le Kachkéis (avec de la moutarde de Dijon quand-même), j’aime la petitesse de mon pays, la proximité de mon épicier italien qui n’est jamais ouvert en dehors de mes heures de bureau ; les retraités de mon immeuble qui ferment la porte à clé, ne serait-ce que pour aller dans leur boîte postale chercher le dernier “Gemengebuet” ; j’aime regarder les frontaliers seuls dans leurs voitures dans l’embouteillage vers Luxembourg (je leur fais même parfois des coucou en allant au travail dans le sud du pays) ; j’aime les luxembourgeois qui revendiquent l’usage de la langue luxembourgeoise au quotidien (pas le journal) ; j’aime les “immigrés” qui aiment mon pays, et ma “Bouneschlupp”, sans lard, ni autre cochonnerie, pas façon Léa Linster, a quand même du succès auprès de mon mangeur belge, va!
Ech sin dofir, mir ass et egal… on est même dans la Formule 1 maintenant, pas avec un Luxembourgeois de souche, enfin je pense, Gérard Lopez quand-même, mais on s’en fout, on s’est bien vantés avec Marc Girardelli (Roude Léiw, huel se…), et en plus Schumi est de retour. Alles ass gudd!
Pour d’autres histoires d’amour: www.myfost.com
Article modifié le vendredi 07 mai 2010, 09:30




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