Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

L’intox Al Quaïda

L’his­toire est un éter­nel recom­men­ce­ment. La preuve, en ce début d’année, après un atten­tat man­qué (Amster­dam/Detroit), les USA de Barack Peace Nobel OBama ont repris leurs viel­les manies, à savoir les bom­bar­de­ments. Au Yémen, cette fois. Il n’en fal­lait pas plus pour que cer­tains, par­lent de l’ouver­ture d’un troi­sième front (après l’Afgha­nis­tan et l’Irak), de cette fameuse guerre con­tre le ter­ro­risme.

Evi­dem­ment, il serait mal­venu, injuste et incor­rect de pas­ser sous silence, les mal­heurs dont sont res­pon­sa­bles cette orga­ni­sa­tion, mais il serait tout aussi injuste, incor­rect, de ne pas pré­ci­ser, que ceux, qui ont le plus souf­fert des atten­tats d’Al Qaïda, ne sont pas les popu­la­tions des pays occi­den­taux, mais bien les popu­la­tions Ira­kien­nes, et Afgha­nes (15000 morts en 2007, source Alter­na­ti­ves inter­na­tio­na­les). Pre­mier point.

Deuxième point, si Al Quaïda reven­di­que pour fina­lité la créa­tion d’un kha­li­fat musul­man pla­né­taire, en fai­sant tom­ber les Etats musul­mans con­si­dé­rés par elle, comme mau­vais musul­mans ; car ayant une com­pli­cité avec les occi­den­taux ; le moins que l’on puisse dire, c’est que ces objec­tifs sont loin d’être atteints. Les régi­mes visés (Pakis­tan, Ara­bie Saou­dite, Egypte) sont tou­jours en place, et ne sem­blent pas plus qu’avant, devoir se désin­té­grer. Les liens avec l’Occi­dent ne se sont guère dis­ten­dus. Bien au con­traire.

Si, lors des atten­tats de 2001, Al Quaïda sem­blait dis­po­ser de camps d’entrai­ne­ments, ou en tout cas d’une struc­tu­ra­tion mili­taire, sus­cep­ti­ble effec­ti­ve­ment de repré­sen­ter une véri­ta­ble menace, cela ne sem­ble plus être le cas. Ses chefs, à l’ins­tar de Ben Laden, se ter­rent depuis des années, dans les zones tri­ba­les du Wazi­ris­tân, (Nord Pakis­tan) hauts lieux de la cul­ture du pavot…

Les atten­tats per­pé­trés en Occi­dent (Madrid, Lon­dres) depuis le 11 Sep­tem­bre, l’ont été, par l’uti­li­sa­tion d’explo­sifs arti­sa­naux. Nous som­mes loin de la menace pla­né­taire que l’on con­ti­nue à nous ven­dre. De la menace d’une 5ème colonne, qui se serait ren­for­cée, struc­tu­rée. D’autant que, rap­pe­lez vous, les dis­cours, sur la for­tune per­son­nelle de Ben Laden, où les dons des innom­bra­bles et riches sym­pa­thi­sants, assu­rant, c’est ce qu’on nous disait, une sur­face finan­cière pra­ti­que­ment illi­mi­tée à l’orga­ni­sa­tion.

.Près de 10 ans après, pour faire explo­ser un avion, les <sol­dats> d’Al Quaîda en sont encore à uti­li­ser des explo­sifs highs techs, faits d’une serin­gue, et d’un mélange de tétra­tri­nate et de tria­cé­tone tri­pe­roxide. Sans être un spé­cia­liste des armes, il existe cer­tai­ne­ment des moyens bien plus per­for­mants, pour des pro­fes­sion­nels, que d’envoyer un type, chargé durant le vol, de bri­co­ler dans sa chaus­sette, le mélange, avec une serin­gue…



Quand au nom­bre de ter­ro­ris­tes, les ser­vi­ces secrets les plus pes­si­mis­tes (USA) par­lent de quel­ques mil­liers, pour d’autres (France), le nom­bre ne dépasse guère plu­sieurs cen­tai­nes, le tout à l’échelle de la pla­nète….

La réponse des Amé­ri­cains, au 11 Sep­tem­bre a été d’une vio­lence inouïe, et mal­gré une légère inflexion ces deux der­niè­res années, elle reste sans com­mune mesure avec le dan­ger objec­tif et réel que repré­sente main­te­nant Al Quaïda. Si l’objec­tif d’Al Quaïda était de recru­ter en s’appuyant sur la répres­sion que n’aurait pas man­qué d’exer­cer les Etats-Unis, force est de cons­ta­ter que l’objec­tif, là non plus, n’a pas été atteint. Les popu­la­tions musul­ma­nes n’ayant pas suivi Al Quaïda, mal­gré la poli­ti­que de Bush, qui lui, n’a fait que souf­fler sur les brai­ses, et fort le souf­fle, très fort même.

Il serait main­te­nant grand temps que les Amé­ri­cains rom­pent avec leur tris­te­ment célè­bre poli­ti­que du big stick et pren­nent en compte les humi­lia­tions et les bles­su­res de la rue musul­mane, qui, à tra­vers Al Jazira, a vu, vécu, en direct, la tor­ture et les humi­lia­tions de Guan­ta­namo et d’Abou Ghraib,

Après 6 et 8 ans d’occu­pa­tion, par la puis­sance la plus riche de la pla­nète, les popu­la­tions Afgha­nes et Ira­kien­nes n’ont tou­jours qu’un accès très par­cel­laire à l’eau, à l’élec­tri­cité, aux soins, à la nour­ri­ture.

Au vu de ces élé­ments, les musul­mans peu­vent être en droit de pen­ser que le ter­ro­risme de Ben Laden est un ter­ro­risme micro­sco­pi­que par rap­port au ter­ro­risme d’état amé­ri­cain, et que le prix que les Occi­den­taux accorde à une vie, mal­gré tous les dis­cours huma­nis­tes, est encore à géo­mé­trie varia­ble, selon l’endroit où l’on voie le jour.

Auteur: Bernard Horschler

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie


Jurij Acalinovic ·  27 janvier 2010, 12:47

Oui, et la mesure du “prix que les occidentaux accordent à une vie” peut être encore relativisée en fonction de la véracité des informations qu’on nous donne. Et tant qu’à parler du “11 septembre”, nous dit-on vraiment la vérité ? Certains en doutent, comme ici par exemple : http://www.voltairenet.org/article1… A la lecture de ce genre d’information, le “cours de la vie humaine” se rapproche du plancher des vaches…

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

aucune annexe



Voir aussi

Volant

Mais je rêve!!!

L’autre jour en surfant sur le site de la Chambre des putes (syndrome Gilles de la Tourette… j’y peux rien, il me faut du cannabis), je tombe sur une question parlementaire de l’honorable Monsieur le...

Lire la suite

Der nicht politisch denkende Mensch und die (Solidar) Wirtschaft

Ist die Solidarwirtschaft in der aktuellen politischen Landschaft überhaupt erwünscht? Wenn Sie jetzt mit ja antworten, dann frage ich Sie: „Warum wird dann die Umsetzung der Solidarwirtschaft, die...

Lire la suite