Le prix à payer
Publié le mardi 15 décembre 2009, 10:07 - Monde - Lien permanent
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Ce 8 décembre, un routier, dans les quartiers Nord de Marseille ouvra les portes de la remorque de son camion frigorifique. Ce 8 décembre, dans les quartiers Nord de Marseille, ce même routier, découvrait parmi la cargaison venue de Tanger (Maroc), le corps d’un homme jeune.
La victime, selon les sources policières, serait un de ces innombrables candidats à l’immigration. Au milieu des carcasses de viande, enfermé, pendant des jours, dans un container frigorifique ; dans la nuit, dans la solitude ; cet homme est mort, seul, comme un chien. Enfermé par le désespoir, par la misère, cet homme, de chez lui, est parti, au prix de sa vie. Sans avenir, sans perspectives, cet homme a donné le seul bien, la seule richesse en sa possession. Sa vie. Sa vie, il l’a donné pour essayer d’aider les siens. Sa femme, ses enfants, ses parents, ses frères, ses sœurs. Vraisemblablement, ceux-ci ont essayé de l’en dissuader, mais, ils savent que pour eux, le prix de la vie, est d’abord celui du sang.
A l’intérieur des frontières de l’union, le tableau n’est guère plus réjouissant. Entre les suicides de salariés, le nombre de plus en plus important de sans logis, de mal logés, sans parler du peuple des demandeurs d’emplois auxquels la seule réponse donnée, est : ça ira mieux demain ; le prix à payer pour notre modèle ( ?!) de société est de plus en plus difficilement supportable. Consciemment ou inconsciemment, nous savons tous que nous allons dans le mur, qu’il va bien falloir réfléchir, entreprendre, vivre autrement. Oui, mais comment ? Sur quels modèles ? Sur quelles bases ? Il faut bien avouer, que nos gouvernants, à ces questions, n’ont absolument aucunes réponses crédibles à nous proposer. Pourtant, des initiatives, des amorces de réponses existent, mais, pour l’instant, elles se heurtent à un mur, à une forme d’autisme de nos élites, incapables de sortir de leur logique, englués qu’ils sont, dans le quotidien, le court terme. Une des clés, de notre avenir, résidera vraisemblablement, dans notre capacité à reprendre les choses en main, et à ne plus attendre que le politique pense pour nous. Mais, pour que ces initiatives, puissent effectivement se transformer en alternatives crédibles, encore faut il que le politique se décide à changer de logiciel et accepte d’accompagner, de favoriser, l’émergence des initiatives de la société civile. Tel est aussi le prix à payer, pour que nous puissions entrevoir un avenir ; tout simplement.
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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