Thérèse et Gwen
Publié le mercredi 21 octobre 2009, 14:02 - Coups de gueule - Lien permanent
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Dans la série, les cons osent tout, c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnait nous avons eu ce week-end deux illustrations magistrales de cette fameuse maxime.
De quoi s’agit-il ? Premier cas : en Belgique, ce week-end a été élue miss SDF. Vous avez bien lu. Miss SDF (sans domicile fixe). La gagnante, Mme Thérèse Van Belle (je n’invente rien) se verra octroyer un logement gratuit pendant 1 an… Avec engagement d’abandonner la rue, de s’investir (non, quelle trouvaille !!!), avec l’aide d’un encadrement, et développer une vie sociale.
Sur le site de l’organisateur, deux phrases lapidaires : projet social constructif ?! (Il y en a des déconstructifs ?), sensibilisation concernant les causes et les conséquences de la vie dans la rue sont mises en avant, pour justifier une telle initiative. Le sponsor de la manifestation étant un magasin de recyclage de Vilvoorde… Le tableau est complet. On nage dans le pitoyable et l’indécence. Il n’y a plus de limites. Tout est bon chez le cochon. Surtout, si on habille le tout d’un peu de social. Le pathos est un créneau porteur.
Dans le même ordre d’idée, la société Mattel, oui, la même société qui commercialise l’inoxydable Barbie, vient de lancer sa nouvelle poupée. Elle s’appelle Gwen. Elle a pour particularité d’être une poupée SDF. Décidemment. Et là aussi, le discours marketing est le même. Vendue à 95$ (SDF égale haut de gamme chez Mattel), elle nous raconte son histoire.
Le père a abandonné la famille (ben voyons), la mère a perdu son emploi, et se retrouve à la rue. Evidemment, on reste dans la notion très 19ème siècle, du bon pauvre, chère à la morale judéo chrétienne. Celui, pour qui, un événement indépendant de sa volonté, on pourrait dire un raté divin, le met dans une situation difficile. Pas de méchant propriétaire, employeur à l’horizon. Pas de crise. Rien. La pauvre se fait larguer de tout côté, sans raisons.
Si dans l’exemple Belge, j’espère que l’élection est due à un Kevin de banlieue, ou un Mickaël sans scrupules, spécialisé dans les animations pipi/caca, qui, entre deux bières a trouvé un plan, pour se faire du fric ; pour ce qui concerne Mattel, un produit de ce type est analysé par des batteries de sociologues, psychologues, afin de bien adapter la campagne marketing au public cible (femme isolée avec enfants apparemment), je vous laisse juge du message véhiculé à l’intention des petites filles…
Par contre, tout comme en Belgique, on n’hésite pas à habiller la campagne marketing de visées éducatives, censées sensibiliser les consommateurs sur la problématique du logement…
Eduquer, c’est noble, c’est moral, c’est politiquement très correct, je les invites donc à lire, Goffman, Castel, Paugam, pour commencer ; histoire qu’ils sachent de quoi ils parlent. Ensuite, on pourrait procéder aux décomptes de leurs dégâts, non ? Comment ? Il n’y aura pas d’évaluations, pas de proces, pour vérifier, s’ils ne se sont pas trompés ? C’est vrai, excusez moi, maintenant, l’important n’est plus ce que l’on fait, mais ce que l’on dit.
Voilà, où nous en sommes. Une société sans repères, sans limites, obnubilée par le culte des opportunités. Raison de plus pour changer de cap, vous ne trouvez pas ?
NB : il se murmure que la maman de la petite Gwen, serait la quinquagénaire Barbie. Celle-ci, après son accouchement tardif, a eu la désagréable surprise de voir ses fesses siliconées se transformer en goutte d’huile ; quant aux seins, ils touchent maintenant les genoux de l’ex <belle>. Forcément, Ken, s’est tiré. Les termes du contrat initial n’ayant plus cours… Quant au job, l’ex bomba America ne peut plus défiler, à moins que… Miss SDF ?





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