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Vous qui avez aimé les subprimes, vous allez adorer les LBO…

A la city de Lon­dres, les LBO ont main­te­nant un sur­nom: les fonds de la ter­reur. Tout un pro­gramme! Comme la grippe A, la ques­tion n’est pas de savoir si cette bulle va écla­ter, mais quand…

Mais c’est quoi un LBO (leve­rage buy out)?

Tout sim­ple­ment une tech­ni­que finan­cière, qui per­met d’acqué­rir une entre­prise avec peu de capi­tal et beau­coup d’endet­te­ment. Le ratio, dans les années fas­tes était de 1 euro de capi­tal, pour 9 d’emprun­tés… Donc, pour rache­ter une entre­prise, un fonds de pla­ce­ment crée une hol­ding, qui emprunte 90% de la somme, en fai­sant payer la dette par la tré­so­re­rie de la société rache­tée… Pas mal, non? Pre­mier point.

Mais le rachat de la société n’a pas pour but de trans­for­mer les inves­tis­seurs en entre­pre­neurs, faut pas décon­ner, le but est de la reven­dre en fai­sant un maxi­mum de pro­fits. Deuxième point.

Donc, les bilans doi­vent faire appa­raî­tre une société la plus béné­fi­ciaire pos­si­ble. Com­ment s’y pren­nent-ils nos LBO ? Sim­ple. Pas d’inves­tis­se­ments, ou le moins pos­si­ble. Un seul mot d’ordre: la chasse aux coûts (sur­tout sala­riaux)…Au bout de 3 à 5 ans de cette tech­ni­que, la société est ven­due, sou­vent à d’autres LBO, pour x fois le prix de départ…Lim­pide.

Pas la peine de pré­ci­ser que les ban­ques se sont goin­frées de ce type d’opé­ra­tions.

Le seul petit pro­blème, mais il est de taille, c’est que cette tech­ni­que ne fonc­tionne plus en période de crise éco­no­mi­que. Les entre­pri­ses LBO sont main­te­nant coin­cées, par la dimi­nu­tion des pro­fits, mais éga­le­ment par le taux d’endet­te­ment qui ne leur laisse plus aucune marge de manœu­vre…

A l’heure actuelle, ces fameux LBO (les plus gros) ten­tent d’exer­cer un chan­tage face aux ban­ques. Du genre, je ne peux plus payer, il faut m’en redon­ner encore…mais les ban­ques deman­dent de plus en plus de garan­ties, de peur de ne pas être payées…Chat échaudé, craint l’eau froide.

Pour l’Europe, on parle de 250 mil­liards de créan­ces dou­teu­ses pour les ban­ques…Mais là où la situa­tion est ter­ri­ble­ment inquié­tante et dra­ma­ti­que, c’est qu’il s’agit de socié­tés réel­les, donc de sala­riés…Ces entre­pri­ses LBO repré­sen­tent 7% de l’ensem­ble des sala­riés fran­çais, soit près de 1.200.000 per­son­nes…En Grande Bre­ta­gne, le taux est de 13%. Quand aux Etats-Unis, 30% des emplois seraient con­cer­nés…

Inquié­tant? Oui, mais ne vous en fai­tes pas, tout cela n’est que rou­pie de san­son­net com­paré à la dette des Etats. Car là, nous serons véri­ta­ble­ment face au tsu­nami ultime…

En atten­dant, par­tons en vacan­ces et tout comme les pas­sa­gers du Tita­nic, som­brons avec élé­gance et dignité en chan­tant Tout va très bien Mme la Mar­quise. Allez, tous en chœur, un, deux, trois:

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49

Auteur: Bernard Horschler

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