Vous qui avez aimé les subprimes, vous allez adorer les LBO…
Publié le mercredi 30 septembre 2009, 07:46 - Monde - Lien permanent
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A la city de Londres, les LBO ont maintenant un surnom: les fonds de la terreur. Tout un programme! Comme la grippe A, la question n’est pas de savoir si cette bulle va éclater, mais quand…
Mais c’est quoi un LBO (leverage buy out)?
Tout simplement une technique financière, qui permet d’acquérir une entreprise avec peu de capital et beaucoup d’endettement. Le ratio, dans les années fastes était de 1 euro de capital, pour 9 d’empruntés…
Donc, pour racheter une entreprise, un fonds de placement crée une holding, qui emprunte 90% de la somme, en faisant payer la dette par la trésorerie de la société rachetée… Pas mal, non? Premier point.
Mais le rachat de la société n’a pas pour but de transformer les investisseurs en entrepreneurs, faut pas déconner, le but est de la revendre en faisant un maximum de profits. Deuxième point.
Donc, les bilans doivent faire apparaître une société la plus bénéficiaire possible. Comment s’y prennent-ils nos LBO ? Simple. Pas d’investissements, ou le moins possible. Un seul mot d’ordre: la chasse aux coûts (surtout salariaux)…Au bout de 3 à 5 ans de cette technique, la société est vendue, souvent à d’autres LBO, pour x fois le prix de départ…Limpide.
Pas la peine de préciser que les banques se sont goinfrées de ce type d’opérations.
Le seul petit problème, mais il est de taille, c’est que cette technique ne fonctionne plus en période de crise économique. Les entreprises LBO sont maintenant coincées, par la diminution des profits, mais également par le taux d’endettement qui ne leur laisse plus aucune marge de manœuvre…
A l’heure actuelle, ces fameux LBO (les plus gros) tentent d’exercer un chantage face aux banques. Du genre, je ne peux plus payer, il faut m’en redonner encore…mais les banques demandent de plus en plus de garanties, de peur de ne pas être payées…Chat échaudé, craint l’eau froide.
Pour l’Europe, on parle de 250 milliards de créances douteuses pour les banques…Mais là où la situation est terriblement inquiétante et dramatique, c’est qu’il s’agit de sociétés réelles, donc de salariés…Ces entreprises LBO représentent 7% de l’ensemble des salariés français, soit près de 1.200.000 personnes…En Grande Bretagne, le taux est de 13%. Quand aux Etats-Unis, 30% des emplois seraient concernés…
Inquiétant? Oui, mais ne vous en faites pas, tout cela n’est que roupie de sansonnet comparé à la dette des Etats. Car là, nous serons véritablement face au tsunami ultime…
En attendant, partons en vacances et tout comme les passagers du Titanic, sombrons avec élégance et dignité en chantant Tout va très bien Mme la Marquise. Allez, tous en chœur, un, deux, trois:
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




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