Rouge et vert, ou noir et blanc ?
Publié le jeudi 24 septembre 2009, 16:35 - Coups de gueule - Lien permanent
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Dans un article du Woxx paru le 18/09, Raymond Klein, met en garde contre les risques potentiels d’un mariage de l’écologie et du social.
Si la questionmérite certainement d’être posée, les ficelles utilisées, sont malheureusement trop grosses pour un vrai débat sur le sujet, dommage. Quand on expose, argumente un point de vue, il est courant d’employer des formules chocs, pour renforcer le propos. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur a décidé de taper fort. En effet, la démonstration fait la part un peu trop belle aux jugements de valeur, et aux formules chocs voir choquantes.
Petit florilège.
Pour Raymond Klein, le nouveau mot d’ordre des acteurs de l’économie sociale et solidaire serait de donner un travail qui fasse sens, notamment d’un point de vue écologique. Je rassure Mr Klein, la recherche d’activités faisant sens n’est pas une idée nouvelle, c’est même un vieux coucou. Qu’est ce qui fait sens, qu’est ce qui ne fait pas ? Bien malin, celui ou celle qui pourrait donner une réponse partagée par tous. Quelque soit, le jugement que l’on porte sur ces activités, comment peut on encore utiliser au 21ème siècle, les expressions <petits boulots> ; <boulots de merde> <écologiquement absurde>, <chômeurs incorrigibles>. Derrière, ces jobs, il y a d’abord et surtout des hommes et des femmes. Un peu de décence.
Deuxième point : <ces petits boulots> ne seraient pas particulièrement écologique et incompatibles avec les idées de durabilité et de suffisance, car ils pousseraient les clients de ces services à se décharger de ces tâches dites mesquines pour travailler encore plus, et gagner encore plus d’argent…. Mr Klein devrait faire part de sa trouvaille à Mr Sarkozy. Celui-ci s’étant fait élire sous le slogan ‘travailler plus, pour gagner plus ‘, sans avoir trouvé le comment, nul doute qu’il soit intéressé par la solution de Mr Klein…..
Troisième point : La participation des initiatives à des souscriptions publiques. Le win-win-win représente alors un gain d’argent pour la commune, qui est tentée d’externaliser de plus en plus d’activités vers les initiatives (pour l’emploi). Là encore, un peu facile. Le schéma énoncé reste du domaine de l’hypothèse, de la tentation. Je rassure, Mr Klein, les acteurs publics sont loin de se jeter comme des morts de faim, sur les initiatives pour l’emploi…..
Ceci dit, où veut en venir l’auteur du Woxx ? Que le mariage de l’écologie et du social serait une union contre nature ? Sûrement pas. Que cette union ne sera pas une formule magique réglant les questions de sans emploi, de cohésion sociale et environnementale ? Le fameux Win-Win-Win ? Qui a dit le contraire ?
Il n’y a pas de recette magique. Simplement, peut être, et c’est un des points que l’économie solidaire défend, il est maintenant temps de changer de logiciel. Nous ne pouvons plus voir notre société selon une vision parcellaire. D’un côté l’économie, de l’autre l’environnement, et dans un autre coin, le social. Il ne s’agit pas de marier les uns avec les autres, mais de les penser, les concevoir, comme les éléments d’une réflexion, d’une démarche globale. D’où le terme solidaire. Solidaire pour les plus démunis, bien sûr, mais le mot solidaire a également un sens où dans un ensemble, chaque élément existe d’abord par les liens qu’il entretient avec les autres…..




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