La Semo : un festival se met au vert
Publié le jeudi 09 juillet 2009, 10:33 - Coups de chapeau - Lien permanent
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Ces dernières années, les festivals d’été poussent un peu comme des champignons dans nos contrées boisées. Fans de rock, de pop, de métal, d’électro, de jazz , de rap ou encore de reggae, tous les styles sont permis et tout amateur de musique peut espérer trouver son petit coin de paradis pendant l’été.
Cependant il existe un élément qui semble être présent partout de manière plus ou moins évidente: effet de mode ou réelle implication, ces festivals essayent tous de surfer sur la vague de l’écologiquement correct. Néanmoins il y en a un, un nouveau venu, qui semble avoir une vraie réflexion et une véritable démarche écologique qui le traverse de bout en bout. La Semo (« la graine » en Esperanto), se veut avant tout LE festival de musique aux préoccupations durables. Ce nouveau concept n’existe que depuis l’année dernière mais l’organisateur, l’ASBL Squid, a déjà fait ses preuves en organisant pendant quelques années l’événement Woodscout.
La Semo plante son décor et ses tentes de camping dans le cadre idyllique de l’île de l’Oneux, près de Hotton dans la Province du Luxembourg en Belgique. Le moins que l’on puisse dire c’est que les organisateurs se donnent les moyens de protéger cet écrin de verdure. Tout d’abord, ils affichent une très nette préférence pour les transports en commun. L’accès en voiture n’est absolument pas facilité (pas d’indications sur les routes) et aucun parking n’est mis à disposition pour l’occasion. Par contre, une navette gratuite est proposée aux festivaliers depuis la gare la plus proche, un parking pour les vélos est également disponible, le co-voiturage est facillité via un module sur le site internet du festival et le camping est offert aux festivaliers qui ont renoncé à la voiture pour se rendre sur place.
Outre la mobilité, d’autres aspects témoignent de cette envie de montrer qu’il est possible d’associer fête, musique et jeunesse à solidarité, développement durable et responsabilité environnementale. L’organisation évite un maximum d’utiliser tout matériel à usage unique et essaye de récupérer autant que possible le matériel d’autres événements partenaires. Les décors du festival sont faits à partir de matériaux de récup’ La plupart des produits vendus sur le site du festival proviennent des producteurs locaux. Pain et viande sont de Hotton même, la bière ‘Fantôme’ vient du village de Soy, les fruits et légumes sont de saison et issus de la production locale. Les toilettes à litière bio-maîtrisée remplacent les toilettes chimiques polluantes et nauséabondes des autres festivals. La publicité faite sur papier est réduite et raisonnable. Les gobelets sont en amidon de maïs compostable et biodégradable. Des gobelets réutilisables sont également proposés aux festivaliers afin d’éviter l’amas gigantesque de gobelets qui jonchent d’habitude l’entièreté du sol des festivals. Les prix des tickets sont des plus abordables pour ce genre d’événement. Les riverains sont invités par courrier à participer à prix réduit. La programmation musicale, et finalement c’est un peu le but premier du festival, est pas mal variée mais découvre vite une tendance vers la musique dite «festive». En tout cas, ce que les organisateurs recherchent avant tout, ce sont des artistes engagés, susceptibles de transmettre sur scène des messages qui sensibiliseront le public en matière de solidarité et de respect de l’environnement.
Pour sa deuxième édition, la Semo attend environ le double des festivaliers par rapport à l’année dernière, c’est-à-dire à peu près 10000 personnes. Le festival durera tout le weekend, du vendredi 10 au dimanche 12 juillet 2009.
On se doute bien que ce festival et les idées qu’il défend ne vont pas changer la face du monde. Et même si les autres festivals des environs se montrent intrigués par certaines de ses actions, il ne va sans doute pas réussir à changer toutes les «mauvaises habitudes» de ce genre d’événement en matière d’environnement. Mais la Semo est avant tout un festival de musique, et finalement, c’est ça l’essentiel: la bonne musique live, la fête et la détente en plein air, les échanges et les rencontres à la pelle… Et si en plus de tous ces souvenirs, les festivaliers rentrent chez eux avec le sentiment de s’être amusés tout en respectant l’environnement et en ayant contribué au développement local d’une région, alors c’est tant mieux. Et rien que pour ça ce festival a le mérite d’exister.
Article modifié le mercredi 29 juillet 2009, 17:20




J’ai avant tout participé à La Semo pour sa programmation musicale. Je rêvais d’un festival qui réunirait les ogres de barback, la rue ketanou et debout sur le zinc (sans devoir me rendre en France) et La Semo m’a offert cette belle occasion. J’avoue avoir été surprise, agréablement, de l’implication écologique de ce festival. Tous les festivaliers y ont participé activement en mettant leurs mégots dans une petite boîte plutôt que sur le sol, en achetant le gobelet réutilisable,… En bref, félicitations et surtout bonne continuation!!! A l’année prochaine.