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La Semo : un festival se met au vert

Ces der­niè­res années, les fes­ti­vals d’été pous­sent un peu comme des cham­pi­gnons dans nos con­trées boi­sées. Fans de rock, de pop, de métal, d’élec­tro, de jazz , de rap ou encore de reg­gae, tous les sty­les sont per­mis et tout ama­teur de musi­que peut espé­rer trou­ver son petit coin de para­dis pen­dant l’été.

Cepen­dant il existe un élé­ment qui sem­ble être pré­sent par­tout de manière plus ou moins évi­dente: effet de mode ou réelle impli­ca­tion, ces fes­ti­vals essayent tous de sur­fer sur la vague de l’éco­lo­gi­que­ment cor­rect. Néan­moins il y en a un, un nou­veau venu, qui sem­ble avoir une vraie réflexion et une véri­ta­ble démar­che éco­lo­gi­que qui le tra­verse de bout en bout. La Semo (« la graine » en Espe­ranto), se veut avant tout LE fes­ti­val de musi­que aux préoc­cu­pa­tions dura­bles. Ce nou­veau con­cept n’existe que depuis l’année der­nière mais l’orga­ni­sa­teur, l’ASBL Squid, a déjà fait ses preu­ves en orga­ni­sant pen­dant quel­ques années l’évé­ne­ment Wood­scout.

La Semo plante son décor et ses ten­tes de cam­ping dans le cadre idyl­li­que de l’île de l’Oneux, près de Hot­ton dans la Pro­vince du Luxem­bourg en Bel­gi­que. Le moins que l’on puisse dire c’est que les orga­ni­sa­teurs se don­nent les moyens de pro­té­ger cet écrin de ver­dure. Tout d’abord, ils affi­chent une très nette pré­fé­rence pour les trans­ports en com­mun. L’accès en voi­ture n’est abso­lu­ment pas faci­lité (pas d’indi­ca­tions sur les rou­tes) et aucun par­king n’est mis à dis­po­si­tion pour l’occa­sion. Par con­tre, une navette gra­tuite est pro­po­sée aux fes­ti­va­liers depuis la gare la plus pro­che, un par­king pour les vélos est éga­le­ment dis­po­ni­ble, le co-voi­tu­rage est facil­lité via un module sur le site inter­net du fes­ti­val et le cam­ping est offert aux fes­ti­va­liers qui ont renoncé à la voi­ture pour se ren­dre sur place.

affiche la semo festivalOutre la mobi­lité, d’autres aspects témoi­gnent de cette envie de mon­trer qu’il est pos­si­ble d’asso­cier fête, musi­que et jeu­nesse à soli­da­rité, déve­lop­pe­ment dura­ble et res­pon­sa­bi­lité envi­ron­ne­men­tale. L’orga­ni­sa­tion évite un maxi­mum d’uti­li­ser tout maté­riel à usage uni­que et essaye de récu­pé­rer autant que pos­si­ble le maté­riel d’autres évé­ne­ments par­te­nai­res. Les décors du fes­ti­val sont faits à par­tir de maté­riaux de récup’ La plu­part des pro­duits ven­dus sur le site du fes­ti­val pro­vien­nent des pro­duc­teurs locaux. Pain et viande sont de Hot­ton même, la bière ‘Fan­tôme’ vient du vil­lage de Soy, les fruits et légu­mes sont de sai­son et issus de la pro­duc­tion locale. Les toi­let­tes à litière bio-maî­tri­sée rem­pla­cent les toi­let­tes chi­mi­ques pol­luan­tes et nau­séa­bon­des des autres fes­ti­vals. La publi­cité faite sur papier est réduite et rai­son­na­ble. Les gobe­lets sont en ami­don de maïs com­pos­ta­ble et bio­dé­gra­da­ble. Des gobe­lets réu­ti­li­sa­bles sont éga­le­ment pro­po­sés aux fes­ti­va­liers afin d’évi­ter l’amas gigan­tes­que de gobe­lets qui jon­chent d’habi­tude l’entiè­reté du sol des fes­ti­vals. Les prix des tickets sont des plus abor­da­bles pour ce genre d’évé­ne­ment. Les rive­rains sont invi­tés par cour­rier à par­ti­ci­per à prix réduit. La pro­gram­ma­tion musi­cale, et fina­le­ment c’est un peu le but pre­mier du fes­ti­val, est pas mal variée mais décou­vre vite une ten­dance vers la musi­que dite «fes­tive». En tout cas, ce que les orga­ni­sa­teurs recher­chent avant tout, ce sont des artis­tes enga­gés, sus­cep­ti­bles de trans­met­tre sur scène des mes­sa­ges qui sen­si­bi­li­se­ront le public en matière de soli­da­rité et de res­pect de l’envi­ron­ne­ment.

Pour sa deuxième édi­tion, la Semo attend envi­ron le dou­ble des fes­ti­va­liers par rap­port à l’année der­nière, c’est-à-dire à peu près 10000 per­son­nes. Le fes­ti­val durera tout le wee­kend, du ven­dredi 10 au diman­che 12 juillet 2009.

On se doute bien que ce fes­ti­val et les idées qu’il défend ne vont pas chan­ger la face du monde. Et même si les autres fes­ti­vals des envi­rons se mon­trent intri­gués par cer­tai­nes de ses actions, il ne va sans doute pas réus­sir à chan­ger tou­tes les «mau­vai­ses habi­tu­des» de ce genre d’évé­ne­ment en matière d’envi­ron­ne­ment. Mais la Semo est avant tout un fes­ti­val de musi­que, et fina­le­ment, c’est ça l’essen­tiel: la bonne musi­que live, la fête et la détente en plein air, les échan­ges et les ren­con­tres à la pelle… Et si en plus de tous ces sou­ve­nirs, les fes­ti­va­liers ren­trent chez eux avec le sen­ti­ment de s’être amu­sés tout en res­pec­tant l’envi­ron­ne­ment et en ayant con­tri­bué au déve­lop­pe­ment local d’une région, alors c’est tant mieux. Et rien que pour ça ce fes­ti­val a le mérite d’exis­ter.

www.lasemo.be

Article modifié le mercredi 29 juillet 2009, 17:20

Auteur: Sandy Rodrigues

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Julie ·  25 juillet 2009, 14:16

J’ai avant tout participé à La Semo pour sa programmation musicale. Je rêvais d’un festival qui réunirait les ogres de barback, la rue ketanou et debout sur le zinc (sans devoir me rendre en France) et La Semo m’a offert cette belle occasion. J’avoue avoir été surprise, agréablement, de l’implication écologique de ce festival. Tous les festivaliers y ont participé activement en mettant leurs mégots dans une petite boîte plutôt que sur le sol, en achetant le gobelet réutilisable,… En bref, félicitations et surtout bonne continuation!!! A l’année prochaine.

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