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Développement durable, soutenable?!!!

Nul ne peut igno­rer les lois de la phy­si­que. Pour­tant, cer­tains pen­sent le con­traire. En effet, d’après eux, il exis­te­rait un déve­lop­pe­ment qui peut durer, qui est accep­ta­ble par dame nature. A voir. Notre pla­nète est con­nue, c’est un lieu fini, déli­mité. Les res­sour­ces sont elles aussi limi­tées.

Que l’on déve­loppe, de façon dura­ble ou non, un jour nous serons face aux limi­tes de notre pla­nète. N’est-ce pas une âne­rie cri­mi­nelle que de faire croire qu’il pour­rait exis­ter un déve­lop­pe­ment autre, un déve­lop­pe­ment qui n’obéi­rait pas au poten­tiel de la terre. N’importe quoi. Mais, il est vrai, que ce genre de con­cept est net­te­ment plus ven­deur que de par­ler de décrois­sance, de pen­ser, de dire, qu’il ne faut sur­tout plus se déve­lop­per, qu’il faut pren­dre des mesu­res radi­ca­les afin de remet­tre en cause notre mode de vie.

La terre, la nature a d’abord été vue comme un dan­ger qu’il fal­lait domes­ti­quer. Une fois cette domes­ti­ca­tion faite, l’homme, l’occi­den­tal, car il s’agit de lui, s’est trans­formé en pillard. Et main­te­nant, face aux dégâts irré­ver­si­bles que tout le monde peut appré­hen­der, ce con­cept de déve­lop­pe­ment dura­ble prend corps.

Dans un envi­ron­ne­ment clos, il exis­te­rait donc une façon de se déve­lop­per qui puisse per­met­tre de pré­ser­ver notre niveau de vie, tout en per­met­tant aux trois mil­liards d’humains exclus, de pou­voir un jour y accé­der… De qui se moque-t-on ? Ce con­cept, s’il sem­ble faire l’objet d’un con­sen­sus pour nom­bre d’entre nous, est con­si­déré dans nom­bre de pays du Sud, et à juste rai­son, comme le der­nier ava­tar de l’impé­ria­lisme occi­den­tal. Impé­ria­lisme, car le déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que qu’il soit main­te­nant dura­ble, sup­por­ta­ble, véhi­cule tou­jours la même idée. Le bon­heur est avant tout une his­toire de para­mè­tres éco­no­mi­ques.

Qu’il soit dura­ble, sou­te­na­ble, ce déve­lop­pe­ment est aussi une fumis­te­rie intel­lec­tuelle qui entrera un jour, si ce n’est déjà fait, en con­flit avec la réa­lité.

Les ter­res cul­ti­va­bles sont en quan­ti­tés limi­tées, tout comme l’eau, le pétrole, le gaz, le char­bon. Que cette exploi­ta­tion soit mieux maî­tri­sée, que les éolien­nes rem­pla­cent tout ou en par­tie les éner­gies fos­si­les, soit, mais à qui peut-on faire croire qu’il suf­fit de quel­ques ges­tes du quo­ti­dien et de déve­lop­per les voi­tu­res élec­tri­ques pour que, par mira­cle, elle per­mette un déve­lop­pe­ment pour les six mil­liards d’êtres humains.

Fon­da­men­ta­le­ment, ce con­cept ne vise qu’à pré­ser­ver notre mode de vie et per­pé­trer notre façon de pen­ser, notre colo­nia­lisme. Pour les occi­den­taux, le bon­heur n’est pas dans le pré, il est dans la capa­cité de créer des cho­ses, des biens mesu­ra­bles et quan­ti­fia­bles. Le déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que à l’occi­den­tale est une loco­mo­tive qui doit entraî­ner le déve­lop­pe­ment humain, notion ô com­bien floue nébu­leuse et fumeuse. Com­ment mesure-t-on la joie, la peine, la tris­tesse?

Ceci dit, ce déve­lop­pe­ment sou­te­na­ble, dura­ble intro­duit comme l’éty­mo­lo­gie du mot l’indi­que, la notion de durée. Il sem­ble­rait donc qu’une prise de cons­cience s’effec­tue en Occi­dent. Le tou­bab, le gringo vien­drait de com­pren­dre qu’il n’est que le loca­taire d’une mai­son et qu’à force de vou­loir repous­ser les murs, le toit ris­que de lui tom­ber sur la tête. Quelle décou­verte!

Le chien a beau avoir qua­tre pat­tes, il ne peut emprun­ter deux che­mins à la fois. Pro­verbe afri­cain

Article modifié le mardi 01 juin 2010, 15:48

Auteur: Bernard Horschler

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