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Juin 2009 /Elections européennes ou la mort de la social démocratie

Voilà, c’est fait. Les urnes ont rendu leur verdict, a-t-on coutume de dire. Alors que nous vivons la pire crise économique depuis 60 ans, les électeurs européens, pour la minorité qui a décidée de se déplacer, ont choisi de reconduire encore plus fortement les partis au pouvoir.

Ceux là même qui ont bien souvent soutenu, accompagné, défendu la politique néo-libérale qui nous a conduit où nous sommes. Surprenant ? De prime abord, oui. Il aurait été logique qu’un vote sanction s’exprime. Mais la politique et la logique font rarement bon ménage. Qu’avions-nous en face? Des partis de gauche englués dans des rhétoriques d’un autre âge, et pour les plus importants (Royaume Uni, France, Italie), incapables d’avoir un discours, une vision politique en rapport avec les enjeux de notre société, sans parler de certaines affligeantes casseroles affairistes…

Pourquoi ce trou noir des gauches européennes? Peut être tout simplement parce ce que depuis 1989 et la chute du mur de Berlin, tous les partis socialistes européens ont abandonné le champ idéologique, sociologique et culturel pour se centrer sur le champ politique. Mais celui-ci est directement lié aux résultats économiques d’une politique. Et dans un monde globalisé, il est impossible de ramer à contre-courant. Les gouvernements socialistes se sont donc transformés, par la force des choses, en administrateurs, en régisseurs. Leur crédibilité ne s’est donc basée que sur leurs seules qualités de gestionnaire. Ce faisant, ils ont bien souvent navigué à vue, au gré des aléas économiques, et ont investi le champ politique où leurs électeurs ne s’y retrouvent plus. En panne de social, ils ont laissé le champ libre aux populistes, pour les couches les plus inquiètes, ou aux verts, car ceux-ci véhiculent un projet post-matérialiste très en phase avec les préoccupations des classes moyennes supérieures de notre espace.

La dimension sociale et solidaire tant réclamée par une grande partie de l’opinion publique européenne, se trouve donc orpheline de ses soutiens traditionnels. Car cette construction avait deux buts originels : surmonter les traumatismes guerriers et trouver une réponse aux inégalités sociales.

Les électeurs ont tranché, l’Union Européenne, 42 ans après le traité de Rome, semble être devenue le machin que De Gaulle, en son temps, vilipendait. Triste constat qu’illustre parfaitement l’effrayant taux d’abstention. Effrayant, car cette abstention ne signe pas un refus des institutions, c’est bien plus grave : elle signe une profonde indifférence, et l’indifférence, comme le dit la chanson, tue à petit feu…

Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49

Auteur: Bernard Horschler

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