Grippe A
Publié le mercredi 13 mai 2009, 08:00 - Monde - Lien permanent
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Elle est venue, elle est arrivée. Une vraie coquine cette grippe. Attendue en Asie, elle débarque au Mexique. Attendue en automne, elle apparaît au printemps. Alors, à quoi peut-on s’attendre? Une catastrophe sanitaire majeure ou un phénomène en fin de compte banal.
Si vous permettez, on va d’abord se faire une belle frayeur (rien de mieux pour se sentir en vie)
Courant 2007, les autorités sanitaires françaises convoquent une partie du personnel soignant. Ces réunions ont lieu dans chaque département. Elles sont animées par les responsables sanitaires départementaux et ont pour but :
- de faire le point sur la grippe aviaire,
- de présenter le plan en cas de pandémie,
- de donner les affectations des personnes présentes.
Concernant le virus de la grippe aviaire, les scientifiques sont unanimes. Tout le monde sait au cours de cette réunion, qu’un virus mute. La question de la transmission de ce virus à l’homme n’est pas de savoir si elle se fera, mais quand elle se fera… L’apparition se fera vraisemblablement en Asie. En 2007, personne ne sait qu’elle sera la porte d’entrée que trouvera le virus pour contaminer l’homme. La piste du porc est évoquée mais cela reste une hypothèse. Le vaccin n’existant pas, il faut naturellement prévoir un scénario qui prenne en compte les données de la grippe aviaire, ainsi que celles du SRAS de 2002 (surnommé le sérial killer). Celui-ci avait nécessité l’hospitalisation des malades, avec un taux de mortalité conséquent, dû au développement de pneumonies atypiques.
En clair, ce virus mutant touchera en priorité les personnes âgées, les enfants en bas âge, les insuffisants respiratoires, les immunodéprimés (ce qui fait un paquet de monde).
Les projections qui sont faites ce jour là font état de 9 à 21 millions de personnes infectées pour la France, de 90000 à 255000 morts et 1 million de personnes souffrant de complications. L’assemblée est également informée que 30000 cercueils (bodybag) sont déjà stockés (pour une agglomération de 300 000 habitants). Concernant les affectations des personnels, une carte de la ville indique les bâtiments (gymnases) qui seront réquisitionnés, avec les noms des personnes affectées. Tous les lieux publics seront fermés, les rassemblements interdits. Tout est prévu, du versement des salaires au nombre de masques pour les caissières ou guichetiers de banque…
On se détend
Bon, ça c’était en 2007.
Apparemment, le virus n’est pas un tueur. Pour les scientifiques, on reste pour l’instant dans des fourchettes de mortalité de 1 pour 1000, ce qui correspond à un virus grippal classique. Pas de quoi s’affoler.
En plus, il apparaît au printemps, qui n’est pas sa saison préférée. Il se pourrait donc que tout cela finisse en eau de boudin, ou qu’il fasse une réapparition en automne, ce qui laissera le temps de fabriquer éventuellement un vaccin et de peaufiner les plans de lutte.
On s’angoisse
Par la multiplication des cas, le virus continue à muter et développe une toxicicité de plus en plus importante : la riposte mondiale ne peut contrôler la pandémie. Apparemment, pour l’instant, les jeunes adultes sont touchés en priorité, ce qui pourrait démentir les déclarations sur sa faible toxicité. Il s’agit tout de même d’une combinaison inconnue à ce jour, donc aucune lisibilité sur son évolution…
On se détend :
Ce sera juste une épidémie de grippe, une de plus, la plupart des personnes infectées seront asymptomatiques (sans symptômes) ou pourront se soigner avec des antiviraux classiques, ce qui semble être le cas.
De toute façon, les pays du Nord disposent d’un tel arsenal thérapeutique. Il est extrêmement peu probable que même s’il y avait pandémie, les taux de mortalité soient importants. Tout au plus, des économies tourneraient au ralenti pendant quelques semaines.
On s’angoisse :
Même si le virus n’est pas spécialement mortel, il reste néanmoins potentiellement très dangereux pour une partie non-négligeable de la population. Qui ne connaît pas, n’a pas dans son entourage familial, des enfants en bas âge, des personnes âgées, des insuffisants respiratoires, des immunodéprimés ?
On ne s’angoisse pas pour nous, mais pour eux :
Par contre, là où tous les experts sont unanimes, c’est pour les pays du Sud. Et là, si angoisses nous devons avoir, à coup sûr, elles les concernent. Particulièrement l’Afrique.
Bien sûr, des norias d’avions chargés de médicaments pourront s’y rendre, bien sûr des millions de dollars seront débloqués pour les aider à faire face. Bien sûr, notre technologie fera encore une fois merveille. Bien sûr, la solidarité nécessaire s’affichera.
Nous aurons peut-être de nouveau droit au barnum des humanitaires ; concerts, téléthons ; au spectacle de médias dégoulinants, jusqu’à l’écœurement, de bons sentiments, propres à notre société hygiéniste, hypocondriaque et vieillissante.
Mais, peut-être qu’un jour, sait-on jamais, notre société hygiéniste, hypocondriaque et vieillissante décidera de ranger ses bons sentiments au placard et jugera qu’il est maintenant grand temps de doter l’ensemble de la population mondiale des mêmes niveaux d’accès aux soins…
Pour l’instant, faut-il le rappeler. près de 3 milliards d’humains vivent avec moins de 2 dollars par jour…et n’en déplaise aux flippés des changements climatiques, le plus gros danger pour l’espèce humaine n’est pas climatique, mais viral. Qu’on se le dise !
Article modifié le lundi 14 novembre 2011, 16:49




La grippe A n’est qu’une forme de grippe qui se révèle bien moins mortelle qu’elle était prévue (on prévoyait un taux de motalité d’environ 80%, soit une virulence comparable à celle du virus Ebola, on en est extrémement loin!).
Pour rappel cette maladie est très marginale en regard des véritable pandémie et famines: Ensembles le Sida, le paludisme, la tubercuélose et la faim tuent une personne toutes les 2 secondes environ, 35 000 par jours, soit 20 fois plus par jour que le total de la grippe A depuis son apparition… On ne parle pas des autres maladie ni des guerres.
Bref, tout ça c’est du vent et sympthomatique d’une société centrée sur elle même qui a perdu le sens des réalités, des priorités, et qui s’enferme de plus en plus vers une vie dont le risque serait totalement éliminé. Pour ma part je ne suis pas preneur, car je tiens à mes libertés et à gouter aussi au sel de la vie pour apprécier les moments plus sucrés qu’elle nous offre.
Une réflexion sur le thème sécurité et ESS serait-elle une perte de temps dans la définition d’un nouveau projet de société ?
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