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Mon cher Fränz Biltgen

Mon cher Fränz, je me permets de m’adresser à toi, certes de façon un peu cavalière (tutoiement), mais n’y vois aucune marque d’irrévérence de ma part, mais simplement la petite dose de malice nécessaire à la démonstration de mon propos. Lors du dernier comité de conjoncture, tu as commenté, en compagnie du ministre de l’économie, la situation du marché du travail.

Rassure-toi, je ne te ferai aucun commentaire sur la situation. A mon sens, elle se passe de commentaires. Non, ce qui m’intrigue, m’interpelle, c’est que ce jour-là, tu t’es un peu lâché. Non ?

Tu as en effet exprimé ‘ ton mauvais sentiment ‘ concernant la situation économique. Tu en conviendras, il est plutôt rare qu’un responsable politique s’exprime ainsi en public, sur l’état de ses sentiments….Rare, mais inquiétant, d’autant que le dît responsable, ministre du travail en l’occurrence, accole l’adjectif mauvais à son sentiment…

Un homme cultivé comme toi, mon cher Fränz, a dû lire et étudier Rousseau. Tu te rappelles vraisemblablement que ‘ la raison fait l’homme, mais c’est le sentiment qui le conduit ‘. Et là tu m’inquiètes Fräntz.

Tu m’inquiètes d’autant plus que ‘les mauvais sentiments détruisent les atmosphères positives et provoquent les aigreurs’. Dalaï Lama. Te rends surtout pas malade, Fränz. Reste zen.

Certes, la situation est grave, empreinte de beaucoup d’angoisses, d’interrogations, et surtout de situations dramatiques qu’il faut traiter, mais ne te laisse pas envahir par ce mauvais sentiment. Ne te laisse pas enfermer dans le ‘faire’.

Des solutions existent. Tu sais tout comme moi que notre société marche sur la tête. Nous ne pouvons plus décemment envisager un futur, pour nous et nos enfants sur ce modèle-là…. Tu sais également qu’il existe des alternatives, une troisième voie. Oui, tu vois à quoi et à qui, je fais référence. Chez toi, tout près de chez toi !

Pourquoi, ne pourrais-tu pas endosser le rôle du jardinier de cette troisième voie nommée solidaire ? A ce que je sache, elle ne revendique que le droit d’exister. Elle ne revendique que le droit de faire ses preuves. Elle professe simplement, de s’inscrire dorénavant dans le futur… et pas seulement le futur immédiat. Alors, mon cher Fränz, un peu de jardinage pour apaiser tes ‘ mauvais sentiments’ ?

Bien à toi

Quoique, pour Jean Jacques Rousseau, la raison fait l’homme, mais c’est le sentiment qui le conduit. Les mauvais sentiments, la colère, la jalousie, l'orgueil détruisent les atmosphères positives. Or, personne ne veut d'une atmosphère négative qui rejaillit sur nous, sur nos compagnons et même sur nos animaux. Si nous perdons la paix de l'esprit, même les chiens, les chats en souffrent. Les mauvais sentiments provoquent l'aigreur. Il ne s'agit pas d'invoquer des raisons d'ordre éthique ou religieux, mais de préserver notre santé morale et physique. Nous devons cultiver les qualités de générosité qui peuvent être détruites non par un ennemi extérieur, mais par l'ennemi qui sommeille en nous.

La raison fait l'homme mais c'est le sentiment qui le conduit.
J.J Rousseau

Article modifié le mercredi 22 avril 2009, 07:55

Auteur: Bernard Horschler

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