Mouvements sociaux et économie solidaire
Par Véronique Medinger le jeudi, 01 décembre 2011, 09:40 - Lien permanent
- le vendredi, 17 février 2012, 10:00 jusqu'à 18:00
- pour une durée de 8 heures
- CNAM, 292 rue Saint-Martin, 75003 Paris
- cet événement est terminé
Ce colloque a pour ambition de dégager des perspectives d’analyse sociologique autour d’objets communs à deux champs: les mouvements sociaux et l’économie solidaire. Il vise à en explorer les complémentarités et densifier ainsi les circulations et les questionnements réciproques entre les théories des mouvements sociaux et celles de l’économie solidaire sans pour autant cacher les divergences et les tensions entre certaines approches.
La sociologie des mouvements sociaux pointe les enjeux soulevés par des mouvements dans les domaines de la consommation, de la production et des échanges. Face aux enjeux globaux et à une crise aux multiples dimensions, ces expériences offrent aux citoyens des opportunités pour devenir acteurs de leur vie et de leur monde à partir de leur espace local et de leur vie quotidienne. La sociologie des mouvements sociaux s’est également attachée à mieux comprendre les grammaires d’action ancrée dans des logiques d’expériences, d’expérimentation et de construction de soi, à partir de formes d’engagement qui font émerger des collectifs tout en valorisant l’autonomie des individus.
La sociologie de l’économie solidaire apporte un éclairage stimulant sur ces débats. La tradition de l’économie sociale qui a insisté sur les entreprises collectives et leur fonctionnement interne est en effet aujourd’hui relayée par des actions visant à démocratiser l’économie à partir d’engagements citoyens. Ces dernières témoignent d’une « re-politisation » qui passe par la combinaison entre dimensions socio-économiques et socio-politiques. Elle s’appuie sur la mise en œuvre d’alternatives concrètes articulées à des questions sur la place de l’économie dans notre société. La dimension locale des initiatives ne les empêche pas de porter des enjeux de société et d’aspirer à un approfondissement de la démocratie qui réclame pour se réaliser une inscription dans l’économie. De plus elles participent d’une reconfiguration des modalités de protection sociale, entre désengagement de l’Etat et invention de nouvelles politiques publiques.
Identifiée à travers de multiples études de cas dans différents continents, l’économie solidaire promeut de nouvelles formes d’associationnisme à partir d’espaces horizontaux d’expérimentation sociale et à partir de multiples formes de socialisation. Elles font écho à l’associationnisme pionnier de la première moitié du XIXe siècle, caractérisé par l’imbrication des enjeux de production, de consommation et de protection. Il s’agira de souligner les convergences et les divergences entre les associationnismes actuels et pionniers. Il s’agira aussi d’interroger les conceptions du changement social qui sous-tendent les pratiques analysées.



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