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L'ESS face aux défis de l'innovation sociale et du changement de société

  • du mercredi, 06 juin 2012, 08:00 au vendredi, 08 juin 2012, 20:00
  • pour une durée de 2 jours 12 heures
  • cet événement est programmé

Le Réseau interuniversitaire de l’économie sociale et solidaire organise ses prochaines rencontres les 6-8 juin 2012 à Nancy sur le thème “l’ESS face aux défis de l’innovation sociale et du changement de société”. L’appel à communications est ouvert jusqu’au 15 janvier 2012.

Depuis son apparition au XIXe siècle, l’ESS semble vouloir relever deux défis qui peuvent apparaître à la fois complémentaires ou contradictoires : d’une part elle se veut une solution concrète et pragmatique à la question sociale et à ce titre tente de corriger les excès du capitalisme et de l’industrialisation et, d’autre part, elle endosse parfois le rôle d’un véritable laboratoire d’invention démocratique d’une autre manière de hiérarchiser et de satisfaire les besoins avec la volonté de transformer radicalement les logiques socioéconomiques dominantes. De ce point de vue, et pour un certain nombre d’analystes, la situation de crise sans précédent que traversent aujourd’hui les pays développés remettrait sur le devant de la scène la nécessité d’un changement de paradigme dans l’organisation socio-économique de nos sociétés ou, pour parler comme Castoriadis, dans l’institution imaginaire de nos sociétés. Ce changement de paradigme serait précisément en mesure d’apporter un certain nombre de pistes de réflexion et de solutions pratiques déjà bien rodées (Cf. Les états généraux de l’ESS). Pourtant la mise en avant, en particulier par la Commission européenne et son président, d’une certaine approche de la notion d’innovation sociale, nous ramène semble-t-il vers la première piste : celle de la recherche de solutions circonstanciées aux problèmes sociaux actuels, par rapport auxquels tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés, sont sommés de faire preuve d’ingéniosité dans la recherche de l’efficacité et de l’économie des moyens, en particulier publics. A fortiori, la partie la plus ancienne des solutions existantes dans le champ de l’ESS ou les politiques publiques est ce faisant reléguée au second plan, comme frappée d’obsolescence.

Le concept d’innovation sociale apparaît dès lors comme central pour ré-interroger la double ambition présente dès l’origine dans le développement du champ de l’ESS. Au demeurant, les tentatives de faire reconnaître la spécificité du secteur à partir de ce concept ne sont-elles pas vouées à l’échec ? Peut-il en être autrement dans un monde où le terme d’innovation sociale se substitue à celui d’invention politique et où l’entrepreneur social et la responsabilité sociale des entreprises sont érigés en solution idéale en lieu et place des organisations de l’ESS ? A bien y regarder en effet, ne peut-on considérer que le concept d’innovation sociale, tel qu’il envahit aujourd’hui le discours gestionnaire en particulier des 1 pouvoirs publics, tend à réduire le rôle de l’ESS ? Pour le dire encore autrement, dans un contexte de déficit public et de rigueur qui vise en premier lieu les dépenses sociales, cette approche gestionnaire de l’innovation sociale, ne limite-t-elle pas a priori la portée de la dynamique collective créatrice de choix, à l’origine du mouvement de l’ESS ?

Enfin, et plus largement, l’innovation sociale peut-elle se suffire à elle-même pour déboucher sur un autre modèle de société ? A ce niveau, un changement d’échelle à la fois dans le nombre des acteurs et leur volume de production ne s’avère-t-il pas nécessaire ? Encore faut-il qu’en chemin, la diffusion de l’innovation, ne conduise pas à la perte de son sens premier et de ce qui faisait, le cas échéant, son potentiel de transformation profonde des logiques socio-économiques de satisfaction des besoins. La dimension qualitative est ici tout aussi importante. Or si dans certains secteurs d’activité, on voit bien comment l’innovation sociale d’origine perd de sa force, on doit aujourd’hui reconnaître que pour certaines activités, la dynamique de changement social au départ des projets se prolonge, voire se renforce. Comment donc soutenir la diffusion de l’innovation sociale, sans que sa récupération par des acteurs issus des secteurs publics ou privés lucratifs ne conduise à effacer les choix de société dont elle peut être porteuse : tant au niveau de la définition des finalités des projets, des enjeux collectifs à relever ou encore de la qualité des services prestés, que de l’organisation interne des structures, de la promotion de la démocratie économique ou encore des modes de coordination et de coopération avec les autres acteurs du secteur. Il nous semble dès lors nécessaire de repenser le potentiel qu’a l’ESS de proposer un autre modèle de société. Si cette question a déjà été travaillée lors des colloques précédents, elle possède selon nous une actualité toute nouvelle qui réclame qu’on y fasse retour, notamment en repartant des expériences concrètes. De ce point de vue, les approches pluridisciplinaires et comparatives, mais également les monographies et études de cas, devraient permettre de préciser l’état actuel des dynamiques socio-économiques à l’oeuvre dans le secteur de l’ESS, tout en précisant les conditions à remplir pour transformer l’innovation sociale en modèle pour un changement de société. Les travaux s’organiseront autour de quatre grands axes : suivez le lien

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