
La crise bancaire. Les crises souveraines. Y en a marre, on entend plus que ça. Depuis maintenant 5 ans les alchimistes des finances, les illusionnistes politiciens et les médias porte-paroles des deux précédents, semblent obsédés par ce terme.
Quand ces péons technocrates commentent les dernières évolutions des marchés, j’ai plus l’impression que leurs charabias techniques servent à nous vendre la prochaine mise en question d’acquis sociaux, plutôt que de nous expliquer les raisons de notre situation désastreuse. D’ailleurs, comment s’est déroulée cette descente au purgatoire spéculateur ?
Entre la crise des hypothèques « à risques » à la crise des dettes souveraines, il y a eu du chemin. Voici donc un petit panorama pour se remémorer un peu les différents cercles de l’enfer.
En été 2007, la crise des « subprimes » entraîne une crise bancaire. Les « subprimes » sont des hypothèques contractées par des demandeurs d’emprunt qui sont considérés comme peu solvables. Aux Etats-Unis, des institutions financières ont créé des titres basés sur des hypothèques « à risques ». Puis elles les ont négociés sur le marché mondial. Le marché financier s’est saboté lui-même. Ce que personne n’avait prévu, était que les prix des terrains et des maisons hypothéqués pouvaient baisser ou que le taux d’intérêt directeur pouvait monter. Pourtant, les deux cas se sont réalisés et une grande partie des prêts ne pouvait plus être remboursée. Cela entraînait une baisse de la valeur des titres. Entretemps, ces titres avaient été intégrés dans un grand nombre de produits financiers dérivés (des bouquets de titres, voire des bouquets de bouquets de titres).
En gros, les « experts » financiers ne savaient plus si les produits qu’ils avaient achetés la veille ne contenaient pas une part de ces titres hypothécaires et donc ne valaient plus un rond.
De là, le marché bancaire glissait dans la prochaine crise vers 2008.
Pour fonctionner au quotidien, les banques font des prêts interbancaires à un rythme journalier. Comme pour les particuliers, les accords à ces prêts sont basés notamment sur les avoirs, même virtuels, des banques clientes. Donc aussi sur les avoirs contaminés par les titres hypothécaires, qui avaient perdu toute valeur. Le résultat était que les banques ne voulaient plus se prêter de l’argent, car elles ne savaient simplement pas si les autres banques étaient solvables.
Les états ont dû intervenir en fournissant ou garantissant des sommes vertigineuses pour garder les banques à flot. Cela a amené les nations à contracter des prêts et donc à augmenter leurs dettes nationales. C’est ainsi, par exemple, que l’Islande est tombée en quasi faillite en se positionnant comme garant pour ses banques nationales.
Vous vous en doutez, on est arrivé à la crise des dettes souveraines. Même si cette crise là est due aussi à des embellissements de la comptabilité nationale de certains pays comme la Grèce.
En résumé, plusieurs pays européens sont proches d’être insolvables ; l’économie n’arrive plus à démarrer et le futur de l’euro semble lugubre, mais surtout des milliers de familles à travers le monde sont dépossédées et appauvries. Et pourquoi ? A cause des spéculateurs voraces qui fonctionnent dans un système économique qui élimine toute responsabilité individuelle aussi bien professionnelle qu’humaine. C’est donc la crise, visiblement la même mais avec différentes facettes. Au final, j’ai plutôt l’impression que c’est une crise systémique de notre forme actuelle d’économie néo-libérale accro d’une consommation boulimique et ne valorisant que le succès individuel aux dépens des plus démunis.
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